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Médicaments essentiels : l’OMS veut favoriser les prix bas pour les pauvres
28 mars 2001 (AFP)
GENEVE, 28 mars 2001 (AFP)
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L’Organisation mondiale de la santé (OMS) veut favoriser l’application de "prix différenciés" pour les traitements du sida et d’autres grandes maladies affectant les pays pauvres, en évitant un "refoulement" de ces remèdes à bas prix vers les pays développés, a expliqué mercredi un responsable de l’OMS.
Jonathan Quick, directeur de l’OMS pour les médicaments essentiels, s’exprimant devant la presse à Genève, a évoqué les objectifs du groupe d’experts —le premier du genre— qui sera convoqué conjointement par les secrétariats de l’OMS et de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) à Hosbjor (Norvège) du 8 au 11 avril.
Ces experts viendront des milieux scientifiques, des laboratoires, des fabricants de génériques, des gouvernements, des organisations internationales et des ONG.
Un des axes de la rencontre, préparée depuis 18 mois avec l’OMC, sera celui de l’application de prix plus bas, tenant compte du pouvoir d’achat réel de populations vivant parfois avec un ou deux dollars par jour. "Il faut le faire d’une façon permettant aux sociétés pharmaceutiques de générer des ressources nécessaires pour développer de nouveaux traitements", et en respectant la protection des brevets, a-t-il dit.
Ce peut être "une solution profitable à tous", selon M. Quick, si cette diversification des prix s’effectue dans un "système prévisible" et si l’on parvient à éviter le "refoulement" des médicaments à bas prix vers les marchés des pays riches.
L’autre axe important de la rencontre est le financement : "nous devons considérer toutes les sources possibles", a-t-il dit. Il a mentionné l’allègement de la dette, le financement par les gouvernements des pays affectés, l’assistance étrangère et la prise en charge par les employeurs des traitements de leurs salariés malades, comme cela se fait déjà en Afrique du Sud.
Pour permettre un accès effectif des plus pauvres à des traitements abordables, il faut "une table reposant sur quatre pieds", a dit M. Quick, qui a cité : "avoir le bon produit, disposer de prix abordables, avoir un financement durable, compter sur des systèmes de santé sûrs".
Par ailleurs, a-t-il noté, l’accord TRIPS de l’OMC sur la protection de la propriété intellectuelle "contient des sauvegardes qui peuvent être utilisées pour améliorer l’accès aux médicaments".
L’accord TRIPS protège les brevets pour une durée de vingt ans, mais un pays signataire, en cas d’urgence de santé nationale, a le droit sous certaines conditions de produire ou importer des génériques.
Selon des experts proches de l’OMC, la voie des prix différenciés doit être privilégiée, et les gouvernements des pays développés pourraient aussi l’encourager en offrant des incitations à leurs industries pharmaceutiques.
Plusieurs grands laboratoires, détenteurs des brevets de traitements anti-sida, ont proposé ces dernières semaines d’importantes baisses des prix, alors que la production de génériques se développe dans des pays comme le Brésil, l’Inde ou l’Afrique du Sud.
L’OMS a identifié 34 fournisseurs de médicaments et de diagnostics anti-sida, dont 29 proviennent de l’industrie des génériques.