Accueil du site > Revue de presse > Revue de presse (1995-2002) > 2001 > 02 >
Bertrand Delanoë
Bertrand Delanoë rencontre des associations "précarité"
8 février 2001 (bertrand-delanoe.org)
PARIS, 8 février 2001 (bertrand-delanoe.org)
Réagir à cet article | Recommander cet article | Votez pour cet article
au Centre d’Action Sociale Protestant (CASPOTEL), 4 rue Claude Tillier dans le 12e
Les associations présentes (Armée du salut, aux captifs de la libération, CASP, secours catholique, Emmaus, Fonds social juif unifié, le c[oe]ur des haltes, les équipes Saint-Vincent, la mie de pain, les petits frères des pauvres, Saint Vincent de Paul...) regroupées au sein du collectif "Solidarité Paris" ont interrogé Bertrand Delanoë sur la politique qu’il souhaite mener en matière de lutte contre les exclusions.
Un questionnaire a été adressé par les associations présentes au candidat socialiste à la mairie de Paris faisant office d’ordre du jour avec comme première interrogation, sa politique de l’emploi, d’insertion sociale et professionnelle pour les allocataires parisiens du RMI .
Bertrand Delanoë a souhaité tout d’abord rappeler à ses interlocuteurs un certain nombre de chiffres clefs :
- nombre de RMIstes : 50 000, en diminution depuis 2 ans
- nombre de chômeurs : 100 000, en diminution de 13 % entre 99 et 2000 ( effet de la reprise économique et la politique gouvernementale de retour à l’emploi)
- 11% des allocataires parisiens sont titulaires d’un contrat d’insertion, ce qui constitue l’un des taux les plus faibles du pays
- 40 % des crédits programmés dans le cadre du Programme Départemental d’Insertion ne sont pas consommés chaque année.
Après ce rappel important, la candidat a exprimé ses souhaits afin de redynamiser une politique d’insertion durable à Paris :
- créer de nouveaux Espaces Insertion, structures capables de proposer un suivi individualisé et "sur mesure" aux allocataires en regroupant plusieurs services et prestations (ANPE, CAF, CAS, psychologues...)
- mettre en [oe]uvre des plans locaux d’insertion par l’économie (PLIE) regroupant plusieurs arrondissements
- accroître l’offre d’insertion pour les jeunes en créant de nouvelles régie de quartier, en consultant plus systématiquement les entreprises d’insertion (dans le respect de la loi Sapin) lorsque la ville passe des marchés négociés
- permettre aux allocataires du RMI de bénéficier de 50 % de la carte orange afin que le coût des transports ne soit pas un frein à la recherche d’emploi.
A la question qui lui a été posée concernant la politique qu’il souhaite appliquer en matière de logement social sur Paris ainsi que l’ application de la loi SRU, Bertrand Delanoë a insisté sur sa volonté de relancer le logement à loyer modéré avec un objectif de 3000 à 5000 logements nouveaux par an. Pour lui, toutes les opportunités foncières doivent être saisies : terrains publics, domaine privé, préemption d’immeubles vétustes et de logements en congé-vente, conventionnement de logements vacants. Ce programme comportera une part significative de logements d’insertion, passerelle entre le logement précaire et l’accès aux HLM traditionnels, répartis de manière équilibrée entre les arrondissements.
La troisième interrogation qui lui a été soumise concerne la protection de l’enfance en difficulté et l’ aide à apporter aux familles à mieux assumer leur rôle parental .
La protection de l’enfance en difficulté est la meilleure politique de prévention précoce des situations d’exclusion. C’est pourquoi les missions de ce service, sous la responsabilité du Département doivent être revalorisée, a répliqué le candidat socialiste à la mairie de Paris grâce notamment à :
- une politique de recrutement d’assistante maternelle et de familles d’accueil à Paris intra-muros pour les enfants en danger ou exposés à des conflits familiaux trop brutaux
- la création de nouveaux lieux d’accueil parents enfants et crèches préventives sur le modèle d’enfants présents dans le 13ème arrondissement. Cet établissement novateur peut accueillir en urgence, 7 jours sur 7, des enfants en difficulté.
- le développement des équipes de prévention en direction des jeunes en errance ou en difficulté dans les quartiers sensibles
A la question des associatifs l’interrogeant sur l’amélioration des conditions d’hébergement ,de restauration des plus précaires et la meilleure répartition de ces équipements entre les arrondissements, Bertrand Delanoë a répondu que ces lieux sont effectivement concentrés dans le nord est et le 13ème arrondissement. Pour mieux les répartir, il est nécessaire d’engager de nouvelles préemptions d’immeubles ou de logements dans le centre et l’ouest, pour créer de petites unités, sur le modèle des pensions de familles. Ceci doit se faire en totale transparence et concertation avec les riverains.
Ainsi, un programme d’humanisation des centres d’accueil existant doit être relancé avec :
- l’adaptation des lieux à une nouvelle population de précaires (femmes seules ou avec enfants, couples, ...)
- le remplacement progressif des grands dortoirs par des petites unités, donnant une certaine autonomie et intimité aux personnes accueillies
- le chaînage hébergement d’urgence
logement transitoire accès au HLM doit être réalisé car l’objectif reste toujours le retour des exclus dans le droit commun. - la coordination des différents acteurs sanitaires et sociaux est souvent déficiente : Il envisage ainsi de créer, sur le modèle de la ville de Genève, une plate-forme de coordination contre l’exclusion (regroupant les associations, Etat, Ville, AP-HP, Centres de santé...) décentralisée dans les arrondissements.
- En matière d’accès aux soins : la création de centres de santé de proximité doit permettre d’améliorer la prise en charge des plus démunis (tuberculose, toxicomanie, sida...)