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La police trouve difficilement des médiateurs
30 septembre 2000 (Le Parisien)
PARIS, 30 septembre 2000 (Le Parisien)
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SÉCURITÉ. La préfecture de police de Paris et ses partenaires ont de plus en plus de difficultés à trouver des candidats pour devenir agents locaux de médiation sociale (AMLS). Une nouvelle fonction qui confirme pourtant son importance, notamment dans les « sites sensibles » de la capitale.
Les agents de médiation ne font pas le plein
LES 350 AGENTS de médiation sociale de Paris (AMLS) ont une bien lourde responsabilité. Ils sont présents dans les cités de la capitale pour créer un dialogue avec les jeunes, dans les gares pour accompagner les voyageurs, devant les écoles pour assurer la sécurité des petits piétons et même devant les grands magasins pour orienter les touristes perdus... Au cours d’une journée de bilan de cette nouvelle fonction d’emploi jeune, ce mois-ci, Philippe Massoni, préfet de police, a résumé leur rôle : « Par leur présence dans la ville, ils doivent faciliter le respect des règles qui permettent la vie collective et réduire les tensions résultant des incivilités de toutes natures. » En un mot, ils doivent participer au sentiment de sécurité des Parisiens.
En première ligne
Promis à travailler en première ligne, dans des milieux parfois hostiles, les candidats à la médiation ne courent pas les rues. A l’origine, il y a trois ans, la préfecture et ses partenaires, Ville de Paris, RATP, SNCF, offices immobiliers, bailleurs sociaux ainsi que le comité Haussmann pensaient pouvoir embaucher 700 jeunes de 23 à 26 ans. « On est loin du compte aujourd’hui, puisqu’on n’en est qu’à la moitié », reconnaît-on à la préfecture qui se charge du recrutement et de la formation de ces jeunes. « Ils ne restent pas longtemps en poste et, avec la reprise économique, il est de plus en plus difficile de recruter des jeunes. » La préfecture est en effet exigeante. Elle effectue un contrôle d’aptitude et de moralité adapté à ces postes. Sur près de 1 528 candidatures étudiées, 600 jeunes seulement ont pu finalement porter l’uniforme de la médiation. Mais depuis la mise en oeuvre de ce dispositif, la préfecture compte aussi 235 départs, parfois pour accéder à un nouveau contrat à durée indéterminée. Mais plus souvent par lassitude des agents. Il est vrai, pour assurer au mieux leur rôle de sécurisation, de présence dissuasive ou de mission d’alerte des problèmes urbains, ces emplois jeunes sont mobilisés « en priorité sur les sites sensibles », explique le rapport des experts. Les gares, les stations du RER, les lieux commerciaux, mais aussi les quatre arrondissements du nord et de l’est de la capitale, c’est-à-dire les XIIe, XVIIIe, XIXe et XXe, regroupent l’essentiel des effectifs. Des quartiers dont sont en général issus ces jeunes du fait du recrutement de proximité, réalisé par les missions locales ou les agences de l’ANPE.
Un enjeu de professionnalisation
« C’est aussi le paradoxe de cette fonction », confie encore un des responsables des AMLS de la préfecture, à l’issue de cette journée de rencontres et de bilans avec les spécialistes de tous horizons. « On confie une fonction de médiation à des jeunes peu qualifiés. Cela demande un bon encadrement et un enjeu de professionnalisation de ces jeunes. » C’est tout l’enjeu des emplois jeunes dont les contrats s’achèvent dans deux ans. Un détail : le plus souvent en relation avec des étrangers, les AMLS sont peu nombreux à savoir parler l’anglais. « On arrive à se faire comprendre avec des gestes », affirme l’un d’entre eux. Aujourd’hui, il est impossible de dire si ces 350 agents « de bonne volonté » arrivent à faire baisser les chiffres de la délinquance. « Nous pouvons seulement affirmer qu’ils améliorent le sentiment de sécurisation des lieux où ils sont présents », estiment les services de la préfecture. Mission accomplie.