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L’avenir des infirmières libérales menacé
29 septembre 2000 (Le Parisien)
PARIS, 29 septembre 2000 (Le Parisien)
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« NOUS NE VOULONS pas mourir. » L’amicale des infirmières de Marne-la-Vallée a poussé un cri d’alarme avant-hier soir à Champs-sur-Marne à l’occasion d’une rencontre avec Maud Tallet, le maire et conseiller général (PCF) de la ville. Au centre des débats, le plan de soins infirmiers (PSI) préparé par Dominique Gillot, le secrétaire d’Etat à la Santé. Dans le cadre de la politique de maîtrise des dépenses de santé, ce plan vise à confier les actes infirmiers de soins (AIS) non plus à des infirmiers libéraux, mais à des auxiliaires de vie. Concrètement, à l’avenir, une personne dépendante ayant besoin de soins d’hygiène, de prévention et de surveillance ne serait plus prise en charge par des infirmiers à leur compte, mais par des auxiliaires rémunérés directement par le patient ou par sa famille.
Une offre de soins au-dessous de la demande
Une réforme qui aujourd’hui fait bondir les infirmières de cette amicale, très inquiète pour l’avenir de sa profession. « Les toilettes représentent près de 50 % de notre activité, constate Isabelle Kersuzan, la présidente de l’amicale. Si ce projet passe, ce sont plus des deux tiers des cabinets qui pourraient très bien mettre la clef sous la porte dans le département. » La direction régionale des affaires sanitaires et sociales recense, au 1er janvier de l’année dernière, 727 infirmières libérales installées en Seine-et-Marne. Avec une densité de 61 infirmières pour 100 000 habitants, la Seine-et-Marne est en deçà de la moyenne régionale, de 67 infirmières pour 100 000 habitants. L’offre de soins n’est semble-t-il pas en adéquation avec la demande. Et la fermeture de cabinets risque d’allonger encore un peu plus les listes d’attente. « Rien que sur le Val-Maubuée, indique une infirmière, il y a au moins six maisons de retraite. D’autre part, la pénurie est souvent plus criante dans les zones rurales où vivent encore de nombreuses personnes âgées. » L’amicale a donc décidé de se lancer dans une vaste campagne de sensibilisation en interpellant tous les députés de Seine-et-Marne afin de porter leurs revendications auprès du ministère.
Eric Hacquemand