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Norlevo prépare sa rentrée scolaire
22 septembre 2000 (Impact médecin)
PARIS, 22 septembre 2000 (Impact Médecin)
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Le feuilleton Norlevo pourrait connaître son dénouement le 5 octobre. La proposition de loi autorisant la délivrance de cette contraception d’urgence par les infirmières scolaires y sera débattu à l’Assemblée.
Le 30 juin dernier, le Conseil d’Etat a annulé la circulaire de Ségolène Royal autorisant les infirmières à délivrer Norlevo à l’école. Saisi par des associations familiales, il a jugé qu’elle « méconnaissait la loi Neuwirth qui impose que les contraceptifs hormonaux soient délivrés sur prescription médicale ». Pour rétablir cette mesure qu’il juge primordiale afin de diminuer le nombre d’avortements chez les adolescentes (6 700 par an), le groupe socialiste a déposé un projet de loi.
L’article unique précise que la contraception d’urgence non susceptible de présenter un danger pour la santé n’est pas soumise à prescription obligatoire. Elle peut être prescrite et délivrée aux mineures désirant garder le secret et aussi administrée par les infirmières scolaires. Le Conseil d’Etat avait basé son arrêt sur les dangers éventuels de Norlevo. Mais l’Agence du médicament, en autorisant sa délivrance en pharmacie sans ordonnance en juin 1999, n’a pas considéré qu’il présentait un risque. En revanche, le Conseil n’a pas remis en cause le principe de la délivrance par les infirmières ni celui du secret.
Mais ces points risquent de réapparaître dans le débat. D’après Martine Lignières-Cassou, présidente de la délégation parlementaire aux droits des femmes, la mesure donne la possibilité à toutes les adolescentes d’obtenir les contraceptifs sans l’accord des parents, gratuitement. « Jusqu’ici, les plannings familiaux étaient seuls autorisés à le faire. Or dans certaines régions les jeunes filles ne peuvent s’y rendre. Et certaines craignaient en s’adressant à leur médecin de ne pas pouvoir garder le secret. »
D’après un sondage du 1er septembre, 66 % des parents d’élèves sont favorables à la mesure. Le corps médical est un peu plus partagé. « L’urgence ne me paraît pas un bon argument. Toute jeune fille a un médecin traitant qu’elle peut consulter rapidement », juge le Dr Monique Moulins, généraliste à Blois.
Pour le Dr Agnès Boulard, gynécologue à Toulouse, « cette mesure est dramatique. Les jeunes filles ont besoin d’un suivi contraceptif efficace. Les médecins sont plus aptes à choisir la meilleure solution ». Un argument irrecevable pour Dr Annie Bureau, gynécologue à Paris. « C’est au gouvernement de prendre les mesures pour former les infirmières. Administrer une contraception d’urgence et orienter l’adolescente vers un médecin me semble plus facile qu’affronter une crise d’asthme », s’insurge-t-elle. La délivrance par les infirmières devra rester une exception puisque le protocole de Ségolène Royal reste en vigueur. Celui-ci précise que l’infirmière ne doit donner le médicament qu’en dernier recours.
« Je suis optimiste pour le vote de la loi car les termes du débat ont changé avec six mois de pratique, commente Martine Lignières-Cassou. L’expérience a révélé que les adolescentes se montrent responsables. »
Réalisé par Caroline Péneau