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Révocation d’une responsable de SUD-CRC à Argenteuil
31 août 2000 (Rouge)
ARGENTEUIL, 31 août 2000 (Rouge)
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L’été est une saison propice aux mauvais coups : à Argenteuil, on a encore pu le vérifier avec la révocation, fin juillet, d’Edith Lecoq, infirmière de nuit et responsable de la section SUD-CRC sur le centre hospitalier Victor Dupouy.
En 30 ans de carrière, dont 5 années passées à l’hôpital d’Argenteuil, Edith Lecoq n’avait jamais encouru de sanction ni même de mise en cause de ses compétences professionnelles. Mais la direction de l’hôpital voyait en elle une empêcheuse de tourner en rond, surtout à l’approche de la mise en place des 35 heures En avril-mai, les équipes de nuit se mobilisent contre un plan de passage aux 35 heures entraînant une perte de rémunération de plus de 2000 F et la dégradation des conditions de travail. Edith est l’une des principales animatrices du mouvement, mais elle ignore que des cadres la surveillent à son insu et rédigent des rapports à destination du directeur Le 31 mai, au lendemain d’une importante assemblée générale, la direction annonce à Edith sa mutation en service de jour et le lancement d’une procédure disciplinaire. Motif : elle aurait quitté son service à deux reprises pendant quelques moments.
Un motif dérisoire pour qui connaît la réalité du travail de nuit dans les hôpitaux : pour diverses raisons, les agents sont amenés à se déplacer d’un service à l’autre en prévenant leurs collègues. C’est là une habitude indispensable tant au bon fonctionnement des services qu’à l’existence d’une vie sociale au sein des équipes de nuit. Devant ces accusations grotesques, le conseil de discipline rejettera toutes les sanctions proposées par la direction. Qu’à cela ne tienne : fin juillet, Edith apprend sa révocation, prononcée par le directeur contre l’avis du conseil. Une révocation sur un dossier aussi mince, qui plus est d’une responsable syndicale, est un fait neuf dans les annales de la fonction publique hospitalière Les méthodes de la direction rappellent plutôt les moeurs qui règnent chez McDonald’s ou Peugeot ! Edith a bien entendu entamé un recours devant les instances compétentes.
Cette sanction a suscité une vague d’indignation à l’hôpital et ailleurs. Le comité de soutien, qui s’est réuni le 16 août en présence d’une soixantaine de militants et habitants d’Argenteuil et des environs, a d’ores et déjà recueilli environ 3000 signatures sur la pétition pour la réintégration d’Edith. Le maire d’Argenteuil et plusieurs élus du Val-d’Oise dont Robert Hue ont interpellé le directeur de l’hôpital à ce sujet. De nombreuses sections syndicales d’hôpitaux et d’entreprises manifestent leur soutien à Edith. Prochaine étape : après la réunion du comité de soutien (vendredi 8 août au soir à l’espace Nelson-Mandela à Argenteuil), un rassemblement se déroulera à l’hôpital mardi 12 septembre à 14 heures. Tous ceux qui sont attachés à la défense des libertés syndicales sont les bienvenus !
Rouge n° 1888 - Semaine du 31 août au 6 septembre 2000