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Quatrième anniversaire de la fin de l’occupation de l’église Saint-Bernard
23 août 2000 (AFP)
PARIS, 23 août 2000 (AFP)
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Plusieurs centaines de personnes -environ 300 selon une source policière- se sont réunies mercredi en fin d’après-midi devant l’église Saint-Bernard à Paris (18ème arrondissement), pour commémorer le quatrième anniversaire de l’évacuation musclée des sans-papiers qui y avaient longuement séjourné.
Selon la Camerounaise Sylvie M’Balla, l’une des porte-parole de la Coordination nationale des sans-papiers qui avait appelé au "Rassemblement de l’an IV", cette manifestation a permis de rappeler que, "sans les Saint-Bernard, 70.000 d’entre nous n’auraient pas été régularisés, et nous en sommes fiers".
Dans une ambiance bon enfant, les sans-papiers et sympathisants, organisations politiques, syndicats et associations de gauche, ont fait le tour de l’église au son des tambourins. Les manifestants, Français et immigrés confondus, ont brandi des pancartes rappelant la mort, récemment à Douvres (sud de l’Angleterre) de 58 clandestins et celle de dizaines d’autres chaque année dans le détroit de Gibraltar ou bien encore les promesses non tenues du gouvernement français.
Plusieurs anciens occupants de l’église ont participé au rassemblement. Youssouf Tounkara, 37 ans, économiste de formation, a monté au Mali une association pour venir en aide aux expulsés, les assister juridiquement et les réinsérer. Après un séjour de deux ans et demi à Bamako, il est revenu en France, pays avec lequel les immigrés maliens veulent "vivre une histoire d’amour".
"Mais, précise Nono-Lontange, 45 ans, citoyen de la République démocratique du Congo, le retour en France s’apparente au parcours du combattant". Un parcours effectué par dix des douze expulsés de Saint-Bernard, qui, selon lui, sont de retour en France.
Cet autre ancien de Saint-Bernard, qui n’a pas été expulsé, affirme pour sa part que, "malgré la loi Chevènement, il y a aujourd’hui en France plus de sans-papiers que lors de l’arrivée de la gauche au pouvoir".
Ancien porte-parole de Saint-Bernard, où avaient élu domicile en mars 1997 environ 300 sans-papiers, Ababacar Diop, désormais millionnaire, présent mercredi à la Maison des Ensembles à Paris (12ème) où sont hébergés 300 Africains, a pour sa part indiqué avoir versé un chèque de 10.000 F à ses anciens compagnons d’infortune.