Accueil du site > Revue de presse > Revue de presse (1995-2002) > 2000 > 08 >
Mandela révèle que trois ministres d’Afrique australe sont morts du SIDA
5 août 2000 (AP)
JOHANNESBURG, 5 août 2000 (AP)
Réagir à cet article | Recommander cet article | Votez pour cet article
Nelson Mandela brise un tabou. L’ancien président sud-africain a révélé samedi que trois ministres de pays voisins du sien étaient morts du SIDA.
L’agence de presse sud-africaine, qui rapportait les propos de Nelson Mandela, n’a pas mentionné les noms de ces trois ministres ni leur pays. Toutefois, la liste des noms possibles n’est pas si longue, et les déclarations de l’ancien chef d’Etat ne manqueront pas d’être interprétées comme une volonté de briser un tabou.
L’an dernier, le SIDA a tué plus de deux millions de personnes en Afrique sud-saharienne. Pourtant, donner le nom d’une personne morte de la maladie a encore souvent pour conséquence de provoquer l’ostracisme des membres de sa famille dans la société.
Alors que plus des trois quarts des personnes contaminées par le virus dans le monde vivent dans cette partie de l’Afrique, quasiment aucune personnalité connue de la région n’a rendu publique sa séropositivité, ce qui rend excessivement difficile la fin de ce stigmate.
Nelson Mandela s’exprimait lors d’une fête qu’il donnait pour des centaines d’enfants dans un parc de jeux situé à 140km au nord-ouest de Johannesburg, célébration tardive de son 82e anniversaire le 18 juillet en présence du musicien et compositeur américain Quincy Jones.
L’ex-président sud-africain a appelé la communauté internationale à consacrer davantage de fonds à la lutte contre le SIDA. ’’J’appelle tout le monde à contribuer à la lutte, même s’ils ont peu à leur disposition’’, a-t-il déclaré.
Nelson Mandela a appelé son jeune auditoire à avoir plus tard des relations sexuelles protégées ou bien à s’abstenir. ’’Nous avons déjà vu ce que le VIH/SIDA a fait à notre génération. J’aimerais vous appeler, quand vous grandirez, à ne pas faire de nouveaux orphelins. Sauvegardez votre propre vie’’, leur a-t-il lancé.