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La conférence de Durban : grands changements dans la lutte au VIH/sida ?
19 juillet 2000 (CATIE News)
DURBAN, 19 juillet 2000 (CATIE News)
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Historique — Vancouver
Les découvertes annoncées lors de la Conférence internationale sur le sida de Vancouver, en 1996, ne furent rien de moins que stupéfiantes. Les nouveaux médicaments appelés inhibiteurs de la protéase (IP) avaient non seulement ralenti la progression de la maladie chez plusieurs personnes vivant avec le VIH/sida, mais avaient aussi permis à certaines d’entre elles de se remettre de maladies qui, antérieurement, avaient été très difficiles à traiter. Les analyses de laboratoire montraient que le système immunitaire de ces personnes se reconstruisait à mesure que chutait spectaculairement la quantité de VIH dans leur sang. Encouragés par ces résultants, le Dr David Ho et d’autres chercheurs ont avancé l’hypothèse selon laquelle le VIH pourrait être éliminé (ou éradiqué pour emprunter le mot en vogue à l’époque) de l’organisme d’une personne infectée à la suite d’un traitement puissant s’étalant sur plusieurs années.
Un jeu de cache-cache
Le premier signe que l’éradication n’allait pas respecter l’échéance prévue est apparu en 1997, alors que les chercheurs ont trouvé du virus caché dans certaines cellules malgré 30 mois d’un traitement antirétroviral énergique et une charge virale indétectable. D’autres chercheurs ont depuis confirmé et développé ces observations. De plus, on a trouvé qu’on pouvait éventuellement chasser le VIH de ses cachettes au moyen de techniques de laboratoire sophistiquées et ce, même chez des personnes qui avaient entrepris un traitement énergique et prolongé dans les 90 jours suivant leur contamination par le VIH.
Congés thérapeutiques
Les plus ardents partisans de la théorie de l’éradication ont dû encaisser un coup dur lorsqu’ils ont tenté d’interrompre le traitement de certains patients, un geste qui a permis au VIH de rebondir. Selon les chercheurs, les médicaments supprimaient tellement bien l’activité virale que le système immunitaire semblait « oublier » sa façon de reconnaître et de combattre le VIH. Il est intéressant de constater que le taux de VIH n’est pas monté selon le même rythme chez tous les patients en congé thérapeutique. Chez certains d’entre eux, le virus a mis quelques semaines à redevenir détectable tandis que chez d’autres, des mois se sont écoulés avant que le virus se montre. Certains médecins estiment que le recours à des pauses thérapeutiques bien planifiées pourrait aider le système immunitaire de certaines personnes à refaire connaissance avec le VIH et à le combattre de façon plus efficace.
Fidélité, effets secondaires et autres questions
Au fur et à mesure que la durée des traitements s’allongeait, des effets secondaires bizarres ont commencé à se faire parler d’eux. Parmi ces derniers, mentionnons des modifications de la forme corporelle, des augmentations des taux de lipides dans le sang, le diabète et l’affaiblissement du foie. Un autre défi que devaient relever les personnes atteintes du VIH réside dans le niveau d’adhérence exigeant qui est nécessaire pour supprimer le VIH par la multithérapie. Le maintien d’une telle fidélité au traitement s’avère d’autant plus difficile à long terme qu’on doit souvent se gaver d’une poignée de comprimés plusieurs fois par jour tout en respectant un tas de restrictions alimentaires.
Régimes novateurs
La conjugaison de tous ces facteurs a incité les chercheurs et l’industrie pharmaceutique à élaborer des régimes thérapeutiques plus réalistes. À Durban, le Dr Tony Fauci, chef d’un des centres de recherche biomédicale les plus importants du monde (National Institutes for Allergy and Infectious Diseases, à Bethesda, au Maryland), a brossé le tableau de ce que pourrait être le traitement du futur. Le Dr Fauci a présenté les données préliminaires de deux essais cliniques américains. Dans le cadre du premier essai, les sujets ont suivi un traitement pendant une semaine, puis ont interrompu ce dernier pendant la deuxième semaine pour le reprendre à la troisième et ainsi de suite. Les résultats préliminaires étant prometteurs, il est probable que l’étude se poursuivra pendant encore six mois, sinon un an. Le deuxième régime testé avait recours au cycle « deux mois de traitement, un mois de pause », et, ici encore, les résultats préliminaires sont prometteurs. Ces traitements cycliques sont innovateurs parce qu’ils ont non seulement le potentiel de réduire la toxicité et le coût des médicaments, mais pourraient aussi favoriser la fidélité au traitement. Comme le Dr Fauci, nous attendons avec impatience les résultats à long terme de ces études.