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Sans-abri : au coin de la rue, dépression et tuberculose
30 juin 2000 (Impact médecin)
PARIS, 30 juin 2000 (Impact Médecin)
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Il n’y a pas que le corps qui est atteint lorsqu’on vit dans la rue. Une étude du Samu de Paris révèle que 70 % des SDF souffrent de dépression, quatre fois plus que la population générale.
L’enquête épidémiologique menée pour la troisième année consécutive par l’Observatoire du Samu social de Paris montre que 70 % des personnes livrées à la rue ont un profil dépressif. Cela corrobore des études anglo-saxonnes qui indiquent que la dépression chronique est quatre à cinq fois supérieure à celle de la population générale. Une étude entreprise en 1999 révèle que sur 311 patients soumis à des entretiens psychiatriques, 35 sont atteints de psychose et 11 de schizophrénie. Phénomène mieux connu mais tout aussi inquiétant, la tuberculose, dont la France semblait être épargnée, frappe sévèrement les sans-abri : en onze mois, 37 cas ont été dépistés sur un groupe de 663 personnes, un taux quinze fois supérieur à la moyenne nationale. Sur le plan des carences alimentaires, les SDF sont fragilisés par une insuffisance en calcium et en vitamine C : carences qui pourraient être compensées par une meilleure distribution de produits frais dans les centres d’urgence.
En 1999, le 115, numéro d’appel d’urgence, a enregistré plus de 27 400 appels (6 000 de plus qu’en 1997) et l’équipe du Samu social de Paris a procédé à près de 300 000 orientations vers des centres d’hébergement d’urgence. Si les appels émanent à 75 % d’hommes, ceux d’enfants ont doublé en un an pour représenter 5 % du total. L’Observatoire fait ressortir aussi que les sans-abri parisiens choisissent le plus souvent les abords des hôpitaux et des gares pour asiles de fortune.
H. M. AVEC AFP