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Reims : devenu sans-papiers un Sénégalais meurt épuisé
24 juin 2000 (L’Union de Reims)
REIMS, 24 juin 2000 (L’Union de Reims)
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Seckou Diarra, 47 ans, ne démarchera plus l’administration auprès de laquelle il a vainement tenté de retrouver des papiers. Il est décédé en mai dernier, de maladie, épuisé et désespéré, après 26 ans passés en France.
JAMAIS Seckou Diarra n’aurait pensé que le vol de sa sacoche intervenu le 30 octobre 1990, vers 17 heures au parc Léo Lagrange de Reims, entraînerait de si fâcheuses conséquences. De Sénégalais en situation régulière depuis son arrivée en France en août 74, où il avait trouvé du travail en qualité de maçon, il est devenu simple étranger en situation irrégulière, sans titre de séjour.
Face à des règlements administratifs intangibles, ballotté entre la préfecture de la Marne, le consulat général du Sénégal en France, les services sociaux et l’ambassade de France à Dakar, et malgré l’aide déterminée que quelques personnes lui ont portée, Seckou Diarra est mort le 18 mai dernier à Reims, à 47 ans, d’un arrêt cardiaque, sans jamais avoir retrouvé de papiers d’identité.
"C’est vrai, il était malade. C’était un garçon gentil, poli, respectueux d’autrui. Mais il ne pouvait plus rien faire parce qu’il était sans ressources, qu’il n’avait pas de permis de séjour, alors qu’il était assuré d’avoir du travail en maçonnerie. L’oisiveté l’a conduit à boire, ce qui n’a certainement pas arrangé ses graves problèmes de santé (il était épileptique)", raconte Edmond Pommet, de la société Saint Vincent de Paul, qui de fin 1997 à mai 2000, a multiplié les démarches, tiré les sonnettes d’alarme, sans le moindre résultat.
Pas d’extrait de naissance
La situation inextricable de Seckou Diarra peut se résumer par cette phrase extraite d’un courrier transmis par un chef de service de la préfecture, en mars 1999 : "J’ai l’honneur de vous indiquer que, selon le décret n° 46-1574 du 30 juin 1946 modifié, l’étranger doit, à l’occasion de sa demande de renouvellement de titre de séjour, justifier de son identité".
A cette date, Seckou Diarra cherchait déjà depuis de longs mois à reconstituer son dossier susceptible de déboucher sur la délivrance d’une carte de séjour. Mais la préfecture, le plus régulièrement, lui réclamait onze pièces différentes, et surtout, le consulat du Sénégal à Paris, exigeait un indispensable passeport.
Pour l’obtention de ce précieux sésame, il aurait fallu que Seckou Diarra obtienne un extrait d’acte de naissance des autorités de son pays, et plus précisément de sa mairie de naissance. Malheureusement pour lui, les courriers adressés au Sénégal restèrent sans réponse.
Ce qui, selon Edmond Pommet, s’explique par la situation de "zone sensible" de la région d’origine de M. Diarra : la Casamance. "Son village n’est actuellement pas accessible" avait-il d’ailleurs écrit au préfet de région, le 14 octobre dernier. Edmond Pommet a même sollicité l’ambassadeur de France, ainsi que des missionnaires au Sénégal pour que ceux-ci récupèrent l’acte de naissance de M. Diarra. Sans succès.
Une assistante sociale du conseil général de la Marne s’est elle aussi largement investie dans l’aide apportée à Seckou Diarra, ainsi que la personne qui l’hébergeait à Reims, laquelle réglait non seulement les frais non remboursés par la Sécu (ses droits ont couru jusqu’au 30 septembre 1999), ainsi que les amendes de son hôte pour "occupation illégale du territoire français" auprès du tribunal de grande instance, depuis 1995.
A force de tourner en rond, les amis de M. Diarra épuisaient leurs chances d’aboutir à un règlement positif du dossier. Le Médiateur de la République aurait-il pu intervenir dans ce sens ? Il n’’a été saisi qu’en février dernier, à l’initiative du député rémois Jean-Claude Thomas, et sa réponse serait arrivée forcément trop tard.
Tout comme celle du service social international de Genève qui, à la même date, a reçu du service social d’aide aux émigrants de Nancy "une demande en vue de l’obtention d’un acte de naissance", à transmettre à leur correspondant sénégalais.
Le représentant de la conférence Saint-Vincent de Paul a en vain relancé la préfecture marnaise, en imaginant qu’elle pourrait produire la copie d’un élément du dossier de Seckou Diarra, en sa possession, qui permette la réalisation d’un nouveau passeport.
"Ce dossier ne contient pas de pièce d’identité (ou sa copie) susceptible d’aider M. Diarra dans ses démarches", lui a répondu la préfecture, qui n’a aucun pouvoir sur les consulats étrangers.
En perdant ses papiers 10 ans plus tôt, Seckou Diarra, incapable de prouver son origine, était tombé sans le savoir dans un inexorable piège. Un cas rare, sans doute pas isolé, sur lequel les pouvoirs publics devraient se pencher afin de trouver une solution.
Jean-Michel François
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Reims : devenu sans-papiers un Sénégalais meurt épuisé
je trouve que c’est la ville de reims, qui au final aurait dûe s’occuper de cet homme. Mais fidéle, non pas à ses principes, mais à une certaine répugnance pour ce qui n’est pas de " reims ", enfermé dans un carquant de faux bourgeois, croyez que cette ville n’accepte pas les pauvres, et supporte les plus fortunés afin de mieux épater leur tablée !