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Prévalence inquiétante de la résistance médicamenteuse
16 juin 2000 (CATIE News)
TORONTO, 16 juin 2000 (CATIE News)
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La question de la résistance médicamenteuse préoccupe les gens concernés par les traitements du VIH/sida depuis de nombreuses années. Au fil du temps, le VIH est capable de modifier sa structure de sorte qu’il puisse résister aux effets des médicaments antirétroviraux. Lorsqu’une résistance se développe, l’effet des médicaments s’affaiblit et le patient risque de voir sa charge virale augmenter. L’une des principales causes de la résistance serait l’incapacité du patient de suivre ses posologies à la lettre. Lorsqu’on oublie des doses des médicaments anti-VIH, le virus a l’occasion d’échapper à l’emprise des médicaments et de devenir résistant. Selon une étude présentée cette semaine en Espagne, la prévalence de la résistance médicamenteuse serait en passe de devenir alarmante.
Le Dr Brendan Larder et ses collègues de Cambridge, en Angleterre, ont présenté, à l’occasion du quatrième International Workshop on HIV Drug Resistance and Treatment Strategies, les résultats d’une étude conduite sur près de 12 000 échantillons de VIH. Après avoir effectué des tests de résistance génotypique et phénotypique, les chercheurs ont trouvé que seulement 21,8 % des échantillons étaient encore sensibles aux trois catégories d’antirétroviraux. Ils ont de plus constaté que le quart des échantillons contenaient un virus qui était résistant à chacune des catégories d’antirétroviraux.
La prévalence élevée de souches virales résistantes chez ce groupe nombreux soulève des questions quant à l’intérêt des tests de résistance préthérapeutiques. Selon le Dr Larder, ces résultats sont de nature à « rendre indispensable la connaissance du statut du virus avant qu’un médecin puisse changer ou ajuster une thérapie pour ses patients ».
Un problème à double tranchant : la résistance se transmet
Des données préoccupantes ont également découlé d’une étude menée récemment auprès de sujets séropositifs non traités. L’étude, dont les résultats se trouvent dans le numéro du 26 mai d’AIDS, a porté sur 114 militaires qui vivaient avec le VIH depuis moins de trois ans et qui n’avaient jamais reçu de traitement antirétroviral.
Les chercheurs ont évalué les résistance génotypiques et phénotypiques de tous les sujets. Ils ont constaté un « taux [de résistance] plus élevé que prévu ». La résistance aux inhibiteurs non nucléosidiques de la transcriptase inverse (névirapine, efavirenz, delavirdine) était la plus courante, mais une résistance aux analogues nucléosidiques et aux inhibiteurs de la protéase était également présente. À la lumière de ces résultats, les chercheurs ont laissé entendre que « la résistance primaire aux médicaments antirétroviraux pourrait poser un problème de taille lors des étapes initiales de la prise en charge clinique de l’infection au VIH-1 ». Ils insistent de plus sur la nécessité d’une évaluation du rôle et des bienfaits cliniques éventuels des tests de résistance préthérapeutiques dans une perspective d’optimisation des multithérapies.
AIDS 2000 ;14:1009-15.