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Lille : tentative d’évacuation de sans-papiers grévistes de la faim
31 mai 2000 (AFP)
PARIS, 31 mai 2000 (AFP)
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La police a tenté en vain, mercredi après-midi, d’évacuer 25 étrangers sans papiers en grève de la faim depuis début avril à la bourse du travail de Lille, ces derniers ayant refusé d’être hospitalisés, selon un journaliste de l’AFP sur place.
Des médecins du SAMU, accompagnés d’un important dispositif policier, se sont présentés vers 16h30 à la bourse du travail pour procéder à une évacuation sanitaire des 25 sans-papiers.
Selon la préfecture du Nord, cette évacuation à "but humanitaire" était rendue nécessaire par le refus de ces derniers d’accepter tout examen médical, au 52e jour de leur grève de la faim.
Les grévistes de la faim refusant d’être hospitalisés, médecins et policiers ont tenté en vain de les convaincre de poursuivre leur action de protestation au CHR de Lille, afin de bénéficier d’une surveillance médicale.
Entre-temps, 100 à 200 militants syndicaux et membres d’association de soutien aux sans-papiers avaient pris position dans la cour du bâtiment et bloquaient les entrées, afin d’empêcher toute évacuation de force. Des heurts sans gravité ont opposé quelques-uns d’entre eux aux forces de l’ordre, selon un syndicaliste.
Devant l’impossibilité d’hospitaliser les sans-papiers sans leur consentement, médecins et forces de l’ordre ont quitté la bourse du travail vers 17h30.
Le comité des sans-papiers du Nord (CSP-59) demande la présence permanente d’une équipe du SAMU auprès des grévistes de la faim, qui ont refusé tout suivi médical.
"C’est impossible", a affirmé le Dr Patrick Goldstein, responsable du SAMU du CHR de Lille venu examiner les grévistes de la faim. Il a exprimé sa vive inquiétude sur l’état de santé de certains d’entre eux. "Je ne suis pas à ma place, je suis embêté parce que je ne peux pas faire mon boulot", a-t-il commenté.
Vendredi dernier, les grévistes avaient été évacués des mêmes locaux pour être hospitalisés. La quasi-totalité d’entre eux avaient quitté l’hôpital quelques heures plus tard, certains contre l’avis des médecins, pour regagner la bourse du travail.
Quelque 110 sans-papiers du Maghreb, d’Afrique noire ou d’Asie du sud-est occupent ces locaux syndicaux depuis leur évacuation de l’Institut d’études politiques de Lille, le 25 mars.
Les responsables de la CGT et de la CFDT locales, qui s’opposent à toute présence policière à la bourse du travail, demandent une solution politique au conflit et ont annoncé leur intention de saisir Martine Aubry, Guy Hascoët et Michel Demessine de la question.