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Mondor manifeste en force à Paris
29 janvier 2000 (Le Parisien)
PARIS, 29 janvier 2000 (Le Parisien)
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Créteil, 9 h 15. Le hall d’Henri-Mondor est comble. Banderoles et pancartes à la main, tracts en poche, les hospitaliers sont sur le pied de guerre. Ils ont enfilé blouse blanche ou bleue par-dessus leur manteau, et arborent masque et chapeau, comme Marc, 27 ans, élève infirmier en dernière année. « On ferme des écoles par manque de budget, ce n’est plus possible d’être dix élèves pour deux ou trois infirmiers, alors on va manifester parce que c’est notre avenir qu’on prépare et que le service public est en danger », explique-t-il. Deux cuisiniers, eux assignés, regardent la foule d’un oeil attentif. « Il faut bien qu’il y ait un service minimal, mais on est grévistes quand même », insistent-ils.
9 h 45. Le départ donné, la cohorte d’hospitaliers s’engouffre dans le métro d’un pas alerte, sous le regard complice des agents RATP. « Ça fait longtemps qu’on n’est pas descendus aussi nombreux, il y a tout le monde », lâche une salariée de l’administration, émue, en se retournant sur le flot de manifestants. Sur l’air du « tous ensemble », les visages s’illuminent. Personnel soignant, administratif, ouvrier, de nuit, cadres, élèves et quelques professeurs marchent d’un même pas. « Avant, les manifestations étaient catégorielles, aujourd’hui, tout le monde en a marre de lutter les uns contre les autres pour se répartir la pénurie », explique le professeur Delchier, gastro-entérologue. « Usagers, hospitaliers, solidarité ! », chantent les grévistes, s’attirant les sourires des voyageurs.
Paris, 10 h 30. Place Denfert-Rochereau, les hôpitaux sont déjà en marche. Juste le temps pour Mondor de retrouver le camion-sono déjà sur place et les manifestants cristoliens emboîtent le pas, représentants de l’intersyndicale SUD-CRC, CGT, CFDT, FO en tête. La banderole rouge et blanc de Mondor ouvre le cortège du Val-de-Marne disséminé derrière. Effectif et budget sont en ligne de mire. « A l’hôpital, trop de travail, à l’extérieur, trop de chômage. Embauchez les chômeurs » ou encore : « C’est la santé qu’il faut sauver » sont entonnés sans relâche sur des airs de Nougaro et de Khaled.
12 heures. Boulevard Raspail, les grévistes d’Emile-Roux (Limeil), d’Albert-Chenevier (Créteil), de Villeneuve-Saint-Georges, des Murets (La Queue-en-Brie), d’Esquirol (Saint-Maurice) ainsi que des trois établissements de Villejuif rejoignent Mondor pour ne faire qu’un. Le cortège du département dépasse le millier de marcheurs. « Les hostos du Val-de-Marne sont chauds », lance un infirmier de Villejuif.
13 heures. La rue de Varenne bouclée, Régis Debus, représentant SUD-CRC de Mondor, réinvite l’ensemble des fédérations syndicales à se réunir en assemblée générale à la Bourse du Travail. Un appel à l’unité que rejette la CGT, appelant à la dispersion en affirmant que « le cortège est désormais sous l’unique responsabilité de SUD-CRC ». FO et la CFDT disparaissent aussi. Seuls les drapeaux de SUD flottent encore dans le cortège qui avance au pas de course. Mais les rangs s’égrennent à l’angle du boulevard Saint-Michel. Finalement, quelques dizaines de manifestants se rendent à la Bourse du Travail. Si mobilisation et détermination des grévistes ont été réaffirmées hier matin, les assemblées générales prévues lundi dans divers hôpitaux du Val-de-Marne diront si l’unité persiste.
Carole Sterle