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Préservatif féminin
Le préservatif féminin se déploie enfin !
24 mai 1999 (L’Humanité)
PARIS, le 24 mai 1999 (L’Humanité)
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Enquête. Le département de la Seine-Saint-Denis lance une campagne de promotion de cet autre Commercialisé dès 1991 en Angleterre, aux Etats-Unis en 1993, il était jusqu’alors introuvable en France. Récit d’une trop longue bataille jonchée d’obstacles.
Entre peurs et pudeurs
Gaine lubrifiée en polyuréthanne souple, avec, à chaque extrémité un anneau flexible : le préservatif féminin offre à la femme la possibilité de se protéger, de maîtriser elle-même sa prévention. Il est plus solide que son petit frère masculin, peut se poser bien avant les rapports et être conservé quelque temps après. Parce qu’elle méconnaît son corps et refuse souvent de se toucher, la femme hésite pourtant parfois à s’approprier le fourreau protecteur.
L’époque de la commercialisation du préservatif masculin, les réticences n’avaient pas été moindres. Ce fut à grand renfort de campagnes publicitaires et de distributions gratuites qu’il a fini par s’imposer et, si nul n’ose plus désormais remettre en question son utilité, sa vulgarisation a pris du temps. Il en sera sans doute de même pour le préservatif féminin. Derrière son acceptation, se dévoile toute la difficulté du dialogue sexuel à deux ainsi que la méconnaissance de l’intimité physiologique féminine. Pour Emmanuelle Piet, médecin : " La plupart du temps, le gynécologue regarde la fille, lui prescrit la pilule et basta ! C’est tout juste si on explique comment la sexualité et le plaisir fonctionnent. Alors, faut pas s’étonner après qu’elles soient effarées de sa grande taille (17 centimètres) qu’elles trouvent grand qui correspond pourtant ni plus ni moins à celle d’un sexe masculin en érection... "
Une histoire de misogynie
Emmanuelle Piet est l’une des actrices fondamentales de la lutte pour la commercialisation de la " capote des femmes " en France. Avec Gilles Lazimi, elle est responsable de la campagne de la Seine-Saint-Denis. Dans ce département, cinq préservatifs féminins vont être mis à la disposition de chaque femme - dans tous les centres de planification familiale et auprès des médecins généralistes - avec, au final, une évaluation de son efficacité à l’aide d’un questionnaire. " Cela fait vingt ans que l’on se bat pour que la femme ait son propre moyen de protection ! dit-elle. Mais le politique grince toujours autant des dents dès qu’on lui parle d’avancée féminine. Il attend, il observe, il discute et pendant ce temps, les nanas, elles, elles se chopent les virus... " Désormais, les femmes disposeront de cet autre moyen de contraception. " · force, on sait bien que les mecs sont souvent mal à l’aise devant une reprise égalitaire de la sexualité. Mais c’est une histoire de libertés individuelles : il faut bien comprendre que cela protège des deux côtés. " François Deniau, médecin dans des centres parisiens de dépistage du sida renchérit : " Il existe une réelle misogynie de la part du corps médical français. Le préservatif féminin cristallise des thèmes relatifs à l’indépendance de la femme. Il est clair que cela en gêne plus d’un. "
Une vraie guerre des prix
Proposé pour la première fois par un médecin danois, Lasse Hessel, dans les années quatre-vingt, le préservatif féminin est fabriqué à Chicago par la Female Health Company. Cette société a le monopole du brevet déposé. Du coup, elle négocie seule les tarifs de vente aux différents distributeurs étrangers intéressés. Elle le propose alors à 4,50 F. Terpan, l’entreprise française qui vient de s’engager dans une distribution hexagonale après près de trois ans de discussions avec la firme américaine, le vend de son côté à 6,30 F. Cela pourrait encore paraître abordable si les pharmaciens n’envisageaient pas de le revendre, eux, au prix de... 12 francs. Une somme lourde, inaccessible à une majorité de femmes. Un frein à la disponibilité du produit qui engage, s’il reste inactif, la responsabilité du ministère et plus précisément de la direction générale de la Santé, seule à même d’imposer un prix maximal, voire de le rendre, dans certains cas, gratuit ou remboursable.
Des annonces sans lendemain
En avril 1992, un article du magazine Marie Claire annonçait la distribution pharmaceutique du préservatif féminin pour les mois suivants. Il devait alors être commercialisé par les laboratoires Polivé et recevoir la norme NF. Mais il n’en fut rien et l’on oublia l’existence dudit produit. Ce n’est qu’en juin 1998 qu’un décret européen, abolissant les normes nationales (refusées jusqu’alors) en faveur des normes européennes, permet enfin de valider la qualité du préservatif. Mais le distributeur Polivé s’est retiré depuis : sept ans, c’est long. C’est autant de temps perdu pour la prévention d’une population féminine notamment plus exposée aux risques de contamination par le VIH. Autant de temps perdu pendant lequel elles sont atteintes par la pandémie du sida sans même savoir que, là où le partenaire dit " non " et refuse de les protéger, elles peuvent, elles, agir.
Après vingt ans d’atermoiements, le préservatif féminin est enfin disponible dans les centres de planning familial, les associations de lutte contre le sida, les PMI (centres de protection maternelle et infantile) et les services sociaux des municipalités. Pourtant, rien n’est gagné. Sa commercialisation risque d’être longue et progressive...
Valentin Lagares et Karelle Ménine
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Le préservatif féminin se déploie enfin !
quels sont les statistiques du port du préservatif féminin ?
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Le préservatif féminin se déploie enfin !
je voudrai savoir si le préservatif féminin est aussi efficace pour se protéger des IST que le masculin. Tests de résistance, étanchéité de la matière, efficacité du lubrifiant, maintien en place etc... Merci
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Le préservatif féminin se déploie enfin !
je voulais savoir si le préservatif féminin est aussi efficace pour se protéger des IST que le préservatif masculin. texture du polyuréthane,lubrifiant, maintien efficace etc...Merci
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Le préservatif féminin se déploie enfin !
l’utilisation du préservatif féminin est_elle possible et fiable chez une femme qui n’a jamais eu de rapport sexuel ?
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Le préservatif féminin se déploie enfin !
je trouve votre article tres interressant, mais je voudrai savoir si le preservatif feminin empeche la pratique du cuni , et sinon, s’il protege le partenaire lors de cette partique. je me remercie d’avance et bonne continuation.