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Les migrants victimes d’inégalités face au SIDA
7 décembre 1998 (Quotidien du Médecin)
PARIS, le 7 déc 1998 (Quotidien du Médecin)
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Cette réunion de AIDES a, comme d’habitude, réduit notre rôle à celui de figurants ou (au mieux, pour les associations sous tutelle de AIDES) à celui de témoignages. Pour la contre-information de Migrants contre le sida, consulter le compte-rendu exhaustif de notre conférence de presse du 19 juin 1998 (avec la FTCR et Act Up Paris)
PARIS, le 7 déc 1999 (Quotidien du Médecin) — Un colloque d’AIDES et de la Fondation de France, récemment organisé au ministère de la Santé, a mis en lumière les importantes inégalités qui existent entre Français et étrangers, sur notre territoire, en matière de diagnostic et d’accès aux soins anti-VIH. Plusieurs intervenants ont dénoncé les obstacles administratifs, médicaux ou culturels auxquels se heurtent les populations étrangères. Les débats ont également mis en évidence la peur, la honte ou les tabous que continue de susciter la maladie.
Comme dans tous les colloques, il y eut bien sûr des paroles d’experts. Des analyses souvent pertinentes de sociologues, d’anthropologues ou de médecins. De fortes paroles des représentants des pouvoirs publics. Puis, peu à peu, au fil de la journée, d’autres voix se firent entendre. Des histoires de vie face à la maladie. Des récits de combats quotidiens, menés à l’échelle d’un quartier, d’une PMI, d’un service hospitalier, d’un cours d’alphabétisation, d’une association de femmes. Une jeune Centrafricaine a raconté sa détresse à la sortie d’un grand hôpital parisien où on lui avait prescrit une trithérapie sans lui expliquer la nature de ce traitement et les possibles effets secondaires. Un militant associatif a dénoncé les insupportables lenteurs de l’administration en évoquant un ami tunisien, atteint d’un cancer et qui reçut son allocation adulte handicapé quelques jours après sa mort. Une responsable d’association de Seine-Saint-Denis a expliqué comment un groupe de femmes africaines séropositives avait su, à travers des " causeries", des cours de cuisine ou de tricot, apprendre à se parler, se connaître. Et essayer de faire reculer la solitude, la peur et la honte face à ce virus avec lequel elles doivent apprendre à vivre. Ce fut là le principal mérite de cette journée. Libérer la parole, faire jaillir les mots sur un sujet assez complexe et méconnu : la situation des migrants, vivant en France, face au SIDA. Organisateurs du colloque, AIDES et la Fondation de France avaient choisi de s’intéresser plus particulièrement aux problèmes que rencontrent les Africains. Un thème déjà très vaste. De nombreux intervenants ont souligné en effet combien il était réducteur de parler des " Africains " en général, tant les différences culturelles peuvent être grandes d’une nationalité à l’autre.
Retards au diagnostic
Ce colloque a permis d’abord de se rendre compte que, derrière l’embellie thérapeutique que connaît la France depuis plus de deux ans, d’importantes inégalités continuent d’exister entre Français et étrangers en matière de diagnostic et d’accès aux soins. C’est ce qu’a indiqué Christian Saout, le président d’AIDES, en citant des chiffres du Réseau national de santé publique (RNSP). " On constate que 21 % des Français découvrent leur atteinte par le VIH à l’occasion de leur première infection opportuniste. Ce pourcentage passe à 42 % dans les populations d’origine étrangère et même à 54 % dans la communauté subsaharienne. Une autre différence se fait sentir chez les malades qui connaissent leur séropositivité mais qui arrivent au stade SIDA sans jamais avoir bénéficié d’un traitement pré-SIDA. C’est le cas de 37 % des Français et de 46 % des populations d’origine maghrébine ou subsaharienne et de 63 % des personnes d’origine haïtienne. " Qu’est-ce qui explique de telles inégalités ? D’abord la précarité dans laquelle vivent un certain nombre de malades. Plusieurs responsables associatifs ont fait remarquer que la santé passe souvent au second plan lorsque l’urgence quotidienne est de trouver un toit ou de quoi de se nourrir. D’autres intervenants ont souligné les difficultés que rencontrent les personnes étrangères, même celles qui sont en situation régulière, pour faire appliquer leurs droits, par exemple pour obtenir l’aide médicale ou une allocation adulte handicapé. " La France a ratifié un certain nombre de conventions internationales qui, si elles étaient appliquées, permettraient de résoudre une bonne partie des problèmes d’accès aux droits et aux soins. Mais le problème est que, au quotidien, on dit aux gens : "Si vous voulez obtenir ceci, allez au tribunal. Et si vous gagnez, on verra si vous remplissez les conditions pour y avoir droit" ", a expliqué Patrick Mony, membre du Gisti (Groupe d’information et de soutien aux immigrés). Un certain nombre de participants ont mis en avant certains obstacles médicaux ou culturels à l’accès aux soins. Membre du service des maladies infectieuses de l’hôpital Bichat, à Paris, le Dr Olivier Bouchaud mit un point d’honneur à démentir les " multiples âneries qui circulent sur la compliance des patients africains ". " Ces patients ne sont pas moins compliants que les autres, à partir du moment où on fait l’effort de leur expliquer en quoi consiste le traitement, avec des moyens adaptés et sans perdre de vue certaines réalités. Par exemple, 60 à 70 % des patients africains que je suis ne savent pas lire. C’est un facteur dont je dois évidemment tenir compte. " Président de l’association Afrique Solidarité, Aboubacar Diop déplora l’absence de reconnaissance en France de la médecine traditionnelle. " Chez nous, s’il en a la possibilité, un malade peut avoir recours à la médecine moderne et à la médecine traditionnelle. En France, ce choix n’est pas possible. " Parallèlement à ces divers obstacles, le débat permit enfin de mesurer combien certains messages restent toujours aussi difficiles à faire passer. Combien l’ignorance, la honte, la peur, les tabous sont toujours là, quinze ans après l’émergence de l’épidémie. " Lorsque nous faisons de la prévention dans des cours d’alphabétisation, on se rend compte que, parfois, les trois quarts des participants ne savent pratiquement rien du SIDA. Et si vous parlez du SIDA à un Africain subsaharien, il y a de fortes chances pour qu’il commence à vous dire que cela n’existe pas chez lui, que c’est une maladie inventée par les Blancs ", explique au " Quotidien " Liliane Ngouassa, de l’association Femme Relais basée à Drancy.
Détresse et isolement des femmes
" Parler du SIDA, dire que l’on est contaminé est encore une chose insurmontable pour beaucoup de gens qui ont peur d’être exclus de la société ", ajoute Bernadette Rwegera, directrice de Ikambere, une association de Saint-Denis qui accueille des femmes touchées par le VIH. " L’autre jour, dans une fête, j’ai vu une femme qui vient régulièrement à l’association. Elle a fait semblant de ne pas me reconnaître, sans doute parce qu’elle avait peur que ses amies apprennent que je travaille dans une association en lien avec le SIDA. " Bernadette Rwegera souligne aussi la détresse et l’isolement de certaines femmes qui découvrent leur séropositivité à l’occasion d’une grossesse. " Pour certains couples, cela est assez terrible. Le mari refuse souvent de faire lui-même le test. Il fait porter toute la responsabilité sur sa femme en l’accusant de l’avoir contaminé. Parfois, cela dérape dans des violences physiques ou morales assez inimaginables. Nous avons par exemple reçu des femmes rejetées par leur mari qui leur avait dit que, de toute façon, dans leur état, elles ne rencontreraient jamais personne d’autre pour refaire leur vie. "
Pierre BIENVAULT
Désinformation : Les avancées (sic)de la loi Chevènement
Contre-information de Migrants contre le sida : Lire notre article CMU : Chronique d’une austérité annoncée.
Plusieurs participants au colloque ont tenu à souligner que, malgré quelques imperfections, la loi Chevènement du 11 mai 1998 a permis d’indéniables avancées pour les personnes sans titre de séjour. Cette loi prévoit en effet que soit délivrée de plein droit une carte de séjour temporaire, donnant droit à l’exercice d’une activité professionnelle, à un étranger résidant habituellement en France, " dont l’état de santé nécessite une prise en charge médicale, dont le défaut pourrait entraîner pour lui des conséquences d’une exceptionnelle gravité, sous réserve qu’il ne puisse effectivement bénéficier d’un traitement approprié dans le pays dont il est originaire ". Théoriquement, cette loi rend donc inexpulsable un étranger atteint par le VIH. " Tant que je serai au gouvernement, aucun malade ne sera expulsé. Si vous avez connaissance d’un cas ou même simplement d’une situation litigieuse, n’hésitez pas à m’alerter, moi ou mon cabinet ", a lancé à l’assistance Bernard Kouchner, secrétaire d’Etat à la Santé. Militant à AIDES - Val-de-Marne, Albert Kitenge a reconnu les mérites de cette loi, en dépit de certaines lourdeurs administratives un peu indécentes. " L’autre jour, j’ai accompagné une personne à la préfecture pour obtenir le renouvellement de son titre de séjour. On lui a encore demandé un certificat médical comme si, en l’espace d’un an, son SIDA s’était envolé... Cela étant, depuis la promulgation de la loi, nous avons quand même pu monter des dossiers pour une quinzaine de personnes, qui ont pu démarrer un traitement. " " Dans notre service, nous n’avons jamais eu un seul refus de carte de séjour temporaire pour un traitement VIH ", a ajouté le Dr Olivier Bouchaud, du service des maladies infectieuses et tropicales de l’hôpital Bichat, à Paris. " Bien sûr, c’est un peu contraignant. Il faut refaire les démarches chaque année, mais si tout le monde suit, les assistantes sociales puis les médecins, cela fonctionne. "
P. B.
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Les migrants victimes d’inégalités face au SIDA
j’ appartiens à la jeune chambre économique de lèafriqu à paris qui compte organiser cette année dans le cadre de la journée mondial de la femme, une rencontre avec des associations de femmes africaines en france, comportant un échange entre ces femmes et des spécialiste du SIDA sur le sujet ; a cet effet je souhaiterai vous rencontrer afin de voir avec vous la possibilité que vous interveniez lors de cette après-midi débat qui se déroulera le 6 mars 2004. dans l’attente de vous nouvelles qui je l’espère seront bonnes, recevez mes salutations respectueuses.