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Les missions de l’Agence de recherche sur le sida élargies à l’hépatite C
2 décembre 1998 (Le Monde)
PARIS, le 2 décembre 1998 (Le Monde)
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PARIS, le 2 décembre 1998 (Le Monde) — Claude Allègre, ministre de l’éducation nationale de la recherche et de la technologie et Bernard Kouchner, secrétaire d’Etat à la santé et à l’action sociale ont présenté lundi 30 novembre les nouvelles orientations scientifiques de l’Agence nationale de recherches sur le sida (ANRS). Créée il y a dix ans, et depuis peu présidée par le professeur Michel Kazatchkine (Le Monde du 12 septembre), ce groupement d’intérêt public coordonne, soutient financièrement et évalue l’ensemble des travaux scientifiques concernant l’infection par le VIH. Rappelant que la recherche sur le sida demeurait « une priorité de la recherche médicale » MM. Allègre et Kouchner ont fait valoir que l’extension rapide de l’épidémie dans les pays en voie de développement « exigeait un renforcement des efforts de recherche clinique, épidémiologique et de santé publique. » « La France est décidée à contribuer de manière active à ce renforcement » ont-ils souligné.
C’est ainsi que dans le cadre des actions du ministère de l’éducation nationale, de la recherche et de la technologie un nouveau programme de recherche sur le sida dans les pays du tiers-monde va être mis en place. L’ANRS devrait y participer « en collaboration avec les organismes de recherche nationaux - Inserm, Institut de recherches pour le développement, réseau des Instituts Pasteur - et en partenariat avec les chercheurs des pays concernés ». Une place plus grande devra aussi, à l’avenir être accordée dans ce domaine aux sciences de l’homme et de la société.
MM. Allègre et Kouchner estiment d’autre part nécessaire de tenir compte des évolutions épidémiologiques. Ils ont ainsi demandé à l’ANRS de développer des recherches sur l’hépatite C.
CO-INFECTION
On observe en effet depuis plusieurs années, notamment chez les toxicomanes ayant recours à des injections intra-veineuse, une proportion importante de personnes infectées à la fois par le VIH et par le virus de l’hépatite C. Selon une étude réalisée par l’Institut de recherche en épidémiologie de la pharmacodépendance et financée par l’ANRS (Le Monde du 27 décembre 1996), la moitié des toxicomanes seraient contaminés par le virus de l’hépatite C qui, comme le VIH, est transmissible par voie sanguine.
Or cette co-infection soulève, en pratique, des difficultés particulières depuis que l’on dipose d’une bithérapie - associant un interféron à la ribavirine - efficace contre l’infection chronique par le virus de l’hépatite C. L’une des questions aujourd’hui soulevée est celle de savoir s’il faut ou non traiter les patients co-infectés contre les les deux infections dont ils souffrent. Parallèlement à cette élargissement des missions de l’ANRS le Journal du sida, mensuel de l’association Arcat-sida publié avec le soutien financier de la Direction générale de la santé, annonce dans son numéro de décembre qu’il « va étendre son champ d’expertise à d’autres pathologies graves, notamment à l’hépatite C. »