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L’association A.F.R.I.C.A. de La Courneuve
1er juin 1997 (médialibre)
LA COURNEUVE, juin 1997 (médialibre)
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par Florence Faurie-Vidal
En 1987, à la suite de trois crimes racistes commis à La Courneuve, en Seine-Saint-Denis, un groupe de femmes maghrébines crée une association mixte à la demande des jeunes de la cité des 4000. L’association Africa se trouve aujourd’hui confrontée à d’autres violences. Celles des islamistes qui ne supportent pas l’existence et l’espace que prennent les femmes dans ce quartier.
Une cinquantaine d’adolescents suit le soutien scolaire à Africa.
Au milieu de la place Georges-Braque à la Courneuve, posée sur un carré d’herbe, une église plate au toit de tôle ondulée, dont les vitraux sont recouverts de grillage. Une atmosphère de village : les gens se saluent, s’interpellent. Le café, la pharmacie, le tabac-librairie et le local de l’association Africa donnent sur la place."Vous redonnez trop confiance aux femmes." Telle est l’entrée en matière d’un islamiste avant d’agresser physiquement Mimouna Hadjam, l’une des fondatrices d’Africa, ainsi qu’une formatrice. Pour la première fois, cette même année 1996, les locaux avaient été saccagés.
Vacances sans les frères au Touquet.
Les deux femmes portent plainte. Pour sa défense, l’inculpé déclare au tribunal de Bobigny : "Je suis du GIA, je ne supporte pas qu’elles apprennent le français à des femmes arabes." Cet homme a été condamné à un an de prison ferme. Mais l’agression n’a pas découragé les femmes de suivre les cours de danse. "Même quand il y avait des pitbulls devant la porte, elles entraient. Ce sont des musulmanes, pas des islamistes ", explique Mimouna.
La danse : une forme de résistance.
La pratique de la danse, qu’elle soit moderne, africaine ou orientale, attire les foudres des organisations islamistes. Elle leur a permis de remporter le prix spécial du jury du concours Danser en banlieue en 1996, seules danseuses orientales au milieu des groupes de rappeurs."Les femmes viennent ici pour se libérer de leurs frères, de leur père, de leurs parents", poursuit Mimouna. Pendant les vacances, quelques filles de 14 à 20 ans partent au Touquet, sur la côte d’Opale, dans une maison louée par l’association. Au début, elles ne voulaient pas emmener leurs frères : "On ne pourra pas sortir, on ne pourra pas draguer." En 1996, première expérience de mixité. Surprise : les garçons ne sont pas intervenus dans les affaires de leurs soeurs !
Le local des femmes.
Les Algériennes exilées en France ne sont pas à l’abri des réseaux intégristes. "Mais, ici, c’est plus facile de nous battre, nous avons un cadre légal", commente Mimouna, qui, avec les autres membres d’Africa, prend position sur les élections algériennes du 5 juin prochain. Son association soutient la liste pour les députés de l’immigration. Particularité de cette liste : elle demande l’abrogation du Code de la famille.
Pendant la lutte des sans-papiers de Saint-Bernard, Africa n’a pas suivi les revendications demandant la régularisation des deuxièmes et troisièmes épouses, ce qui aurait été une reconnaissance implicite de la polygamie. L’association vit au quotidien les "gros problèmes" liés à cette pratique qui, depuis la montée de l’islamisme, se développe en France.
Tissez vos liens
Africa milite pour la valorisation de la culture algérienne, pour le renforcement des liens entre les générations issues de l’immigration en France. "Nous ne nous revendiquons pas communautaires dans le sens négatif, mais nous affirmons tranquillement que nous avons des problèmes spécifiques en tant qu’Algériens, Arabes, Africains", est-il précisé dans un bulletin de l’association. La population de La Courneuve connaît Africa, elle sait où s’adresser quand il y a des expulsions ou des papiers administratifs à remplir. Soutien scolaire, permanence juridique quatre jours par semaine, travail avec le Planning familial, organisation de débats, les responsables d’Africa ne sont pourtant pas appréciés par la mairie communiste. Loin s’en faut. Ils - et elles - se sont battus pendant neuf ans pour avoir un local, alors que les groupes islamistes en disposaient déjà de deux, dont 400 m2 pour l’Union des organisations islamistes de France, dans un secteur de la ville à forte taxe professionnelle. La cause de ces différends ? Africa n’a pas la langue dans sa poche pour critiquer les positions de la gauche sur l’immigration. Le groupe de femmes à l’origine de la création d’Africa s’est maintenu. "On a voulu garder cet espace pour nous", confie Mimouna Adjam. Pas facile pour les mères de famille maghrébines et africaines - pour toutes les femmes d’ailleurs - de parler d’avortement et de sexualité devant les jeunes garçons. Elles se rencontrent dans un lieu à part, très proche de celui de l’association.
"Ni le voile ni l’oubli" de Mimouna Hadjam, Editions numéro 1, 1995.
Association Africa
3, place Georges-Braque
93120 La Courneuve.
Tél : 01 48 36 95 74
Fax : 01 48 37 48 11
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L’association A.F.R.I.C.A. de La Courneuve
Care donne dell’Associazione AFRICA, tutta la mia solidarietà ! Sono italiana, lavoro con donne immigrate dall’Eritrea, Etiopia e Libia e richiedenti asilo a Roma. Je suis maintenant a Paris et...est il possible de nous rencontrer ca semain o la prochain ? Merci Monica
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L’association A.F.R.I.C.A. de La Courneuve
cette association est genial
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L’association A.F.R.I.C.A. de La Courneuve
je suis né a la courneuve en 1949 et je suis à toulouse depuis 24 ans,venez dans le sud les filles et bon courage a vous !