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Emission du 5 décembre 2000 (n° 76)
5 décembre 2000 (survivreausida.net)
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Une émission de solidarité pour survivre au sida présentée par l’équipe radio du Collectif Migrants contre le sida
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Introduction : à table ! un grand débat convivial et festif
- Introduction (durée : 0:46, format MP3 Download).
À table ! C’est la rupture du jeune, et c’est un numéro spécialement convivial et festif, consacré à la bonne bouffe. Avant de gober des pilules de multicolores, avant de compter ses globules, pour un séropositif bien manger elle la première forme de thérapie. Sur le plateau servi aujourd’hui par Migrants contre le sida, plusieurs invités dont les associations préparent des repas pour les séropositifs. Ces associations ne sont il est vrai pas nombreuses, certaines ne sortent malheureusement pas des portes de Paris (alors que la plupart des malades immigrés vivent en banlieue), mais nos invités ne sont pas venus les mains vides : des recettes, des plats, des conseils vous seront présentés. Chers auditeurs, chères auditrices, c’est l’équipe radio de Migrants contre le sida qui va déguster...
Voici, en vrac, quelques titres du sommaire de notre 76e émission : aujourd’hui, chronique d’un meurtre prémédité en Suède, boycott de Mobil au Burkina Faso, des réponses aux questions des auditeurs sur la CMU et le RMI, droit à l’avortement, mobilisation de la mafia du sida. Mais, comme chaque semaine, notre émission comment par la guerre en Palestine. C’est la guerre est le titre de cette rubrique, présentée par Raja. Bonjour Raja...
C’est la guerre : point d’information sur la Palestine
- C’est la guerre (durée : 3:36, format MP3 Download).
Diasporas
Le fil conducteur de notre chronique Diasporas, c’est le fait que partout où se retrouvent des gens issus du Tiers-monde, éparpillés à travers le monde par l’immigration forcée, l’esclavage, l’oppression et l’exploitation, nous y sommes pour y rester, pour se battre face à la maladie comme à toute autre forme d’injustice et d’oppression. Cette semaine, le point sur trois campagnes :
L’Europe Forteresse tue les immigrés et les enfants d’immigrés. C’est la chronique d’un meurtre prémédité. En Suède, une femme africaine, gravement malade du sida, attend toujours la délivrance d’une trithérapie. Pour l’administration de l’hôpital, elle est une « illégale », une clandestine qui n’existe pas et qui n’a droit à rien, surtout pas à une trithérapie qui coûte plus cher que ce que vaut, en Suède, la vie d’une femme Africaine. Les seuls médicaments qui lui sont donnés, c’est l’aspirine. Depuis une semaine, rien n’a bougé, malgré un débat au parlement où, pour la première fois, la situation des sans-papiers gravement malades a été évoquée. Des médecins et des militants de la communauté africaine de Suède continuent à lutter pour l’égalité des droits face à la maladie, pour que cette femme, et toutes les autres personnes qui en auraient besoin, aient droit à une vraie couverture maladie, pour pouvoir vivre dans la dignité. Il est hors de question de laisser cette femme mourir du sida, dans la solitude, dans l’hôpital d’un des pays les plus riches du monde.
Événement en Afrique du Sud : les autorités médicales sud-africaines ont donné l’autorisation provisoire d’importer un médicament générique, fabriqué par l’industrie pharmaceutique thaïlandaise, contre la méningite. Il y a trois semaines, le gouvernement sud-africain avait pris partie pour Pfizer, décidant de traduire en justice Zackie Achmat, militante du Treatment Action Group (le TAC) qui avait importé 3 000 comprimés de la version thaïlandaise du médicament. Aujourd’hui, c’est une triple avancée. L’importation de la version générique de ce médicament est ainsi légalisée. Avancée contre le sida et la méningite qui tue plusieurs milliers de malades du sida chaque année en Afrique du Sud. Victoire enfin contre le laboratoire Pfizer, qui produit ce médicament, le seul efficace contre la méningite, pour lequel il a fixé un prix exorbitant. Aujourd’hui, après avoir tout tenté pour en empêcher la production par des laboratoires du Tiers-monde, ce labo propose même de le fournir gratuitement pendant deux ans au gouvernement sud-africain. Mais la charité des laboratoires est une chimère, cette fois-ci l’accès à un médicament essentiel a été acquis par la lutte politique.
Au Burkina Faso, jeudi soir, Daniel Eyoum, Directeur Général de Mobil, a appelé Issoufou Tiendrebeogo de l’Association African Solidarité, pour lui dire qu’il allait réexaminer sa position. African Solidarité a lancé une campagne de boycott des produits Mobil, très suivi au Burkina, selon Tiendrebeogo. La presse au Burkina a fait largement échos de la campagne pour dénoncer les pratiques discriminatoires de la multinationale Mobil. En effet, Daniel Eyoum avait licencié M. Jérôme Ouedraogo après 19 ans et six mois de travail, quelques mois après avoir appris sa séropositivité. Lors d’une rencontre avec African Solidarité, il avait déclaré : « les carottes sont cuites et il est trop tard ». Vendredi 1er décembre, des militants de Migrants contre le sida ont investi le siège de Mobil Oil, au 24e étage de la Tour Framatome à la Défense, pour informer les salariés des pratiques de leurs patrons qui tuent les malades du sida.
Réponses aux questions des auditeurs : la CMU et le RMI
- Questions des auditeurs : la CMU et le RMI (durée : 4:04, format MP3 Download).
Monsieur M., séropositif, est un bénéficiaire du RMI. Il a été admis à la Couverture maladie universelle en début d’année. Au mois d’octobre, il se rend à la caisse du 20e arrondissement où il réside pour renouveler sa couverture maladie, qui arrive à expiration le 31 octobre. Au guichet, on l’informe qu’il dépasse le seuil des ressources pour une personne seule, et ne pourra donc plus bénéficier de la CMU complémentaire. Il reste inscrit à la CMU, mais sera donc obligé de sortir de l’argent pour aller voir le médecin. Monsieur M. a appelé Migrants contre le sida : va-t-il perdre la CMU complémentaire gratuite, seule possibilité lui permettant de consulter un médecin et retirer ses médicaments librement, en ville comme à l’hôpital, sans avoir à sortir de l’argent ou attendre un remboursement ?
Migrants contre le sida a d’abord contacté le numéro vert CMU (0 800 555 222) et Info Migrants (01 45 35 9 000) pour tenter de clarifier sa situation. Le numéro vert CMU était occupé - il y a 4 ou 5 personnes pour répondre à plus de 200 appels par jour - mais nous avons fini par parler une conseillère. Selon elle, les allocations logement doivent être incluses dans le calcul des ressources, et donc la caisse d’assurance maladie aurait à juste titre exclu monsieur M. de la CMU complémentaire. Chez Info Migrants, on nous a renvoyés vers le centre d’action sociale de la mairie d’arrondissement, alors que l’ambition de la CMU était justement de proposer un guichet unique pour régler toutes les démarches administratives à la caisse d’assurance maladie de son arrondissement. La première réponse est fausse, la deuxième est inutile.
Finalement, c’est un avocat militant pour l’égalité des droits face à la protection sociale qui a tranché. L’article L861-2 du Code de la Sécurité sociale dit clairement que les bénéficiaires du RMI ont droit à la protection complémentaire en matière de santé, sans autres conditions. En aucun cas la caisse ne doit-elle prendre en compte s’il y a des ressources supplémentaires.
Monsieur M. doit adresser un courrier au directeur de la caisse d’assurance maladie du 20e arrondissement pour exiger une réponse écrite. Il doit y expliquer qu’il s’est présenté dans ses services, qu’il est titulaire du RMI. Après un rappel de la loi, il explique qu’il est venu demander de bénéficier de la protection complémentaire et qu’oralement ses services lui ont dit qu’il n’y a pas droit. Très surpris de cette position, il doit demander de bien vouloir le confirmer, supposant qu’il s’agit d’une erreur de vos services. Au cas où vous maintiendriez, je vous demande d’expliciter le motif de votre refus. Ce courrier doit être envoyé en recommandé avec accusé de réception. Un recours devant la Commission départementale de l’aide sociale peut ensuite être envisagé, mais il faut savoir qu’un tel recours peut prendre plusieurs mois.
Dr Fadéla Aïd Kaci : Une chorba pour tous
- Une Chorba Pour Tous lance l’invitation aux malades maghrébins (durée : 4:25, format MP3 Download).
Une chorba pour tous, c’est l’association qui monte un grand chapiteau à l’occasion du Ramadan. S’y retrouvent, au chaud, des musulmans et des non-musulmans pour partager bien sûr une chorba autour d’une table conviviale et festive. Nous avons rencontré Fadéla Aïd Kaci, présidente d’Une chorba pour tous, pour savoir si ses retrouvailles multi-communautaires pourraient se comparer à une variante musulmane des Restos du C[oe]ur... Au passage, Fadéla Aïd Kaci lance un appel aux malades maghrébins, les invitant à venir chercher leur part de soupe sous le chapiteau...
La première thérapie : bien manger quand on est séropositif
Avec les recettes, les plats à déguster, et la participation de : Mirella (Nutrego, Espoir goutte d’Or), Azedine (URACA), Alioune Blondin Diop (Médecins d’Afrique), Christophe (Projet Food), Fadéla Aïd Kaci (Chorbâa pour tous),...
- On mange mal à l’hôpital (durée : 3:48, format MP3 Download).
- Le steak-purée vs. le colombo (durée : 3:20, format MP3 Download).
- Faire la cuisine pour les malades d’origine africaine (durée : 4:50, format MP3 Download).
- Nutrition et hygiène alimentaire, les bons conseils du Dr Alioune Blondin Diop (durée : 2:58, format MP3 Download).
- Poulet boucanné aux cocos, une reçette ensoleillée présentée par Mirella d’Espoir Goutte d’Or (durée : 2:50, format MP3 Download).
- Deux reçettes complètes avec ou sans cumin, par Christophe du Projet Food (durée : 2:04, format MP3 Download).
- Ragoût d’inghname, le plat du jour d’Azedine Djedri (URACA) (durée : 3:52, format MP3 Download).
À table ! C’est la rupture du jeune, et c’est un numéro spécialement convivial et festif, consacré à la bonne bouffe. Avant de gober des pilules de multicolores, avant de compter ses globules, pour un séropositif bien manger elle la première forme de thérapie. Sur le plateau servi aujourd’hui par Migrants contre le sida, plusieurs invités dont le dénominateur commun est de travailler dans les cuisines d’associations immigrées et françaises qui préparent des repas pour les séropositifs. Ces associations ne sont il est vrai pas nombreuses. Certaines ne sortent malheureusement pas des portes de Paris (alors que la plupart des malades immigrés vivent en banlieue), mais nos invités ne sont pas venus les mains vides : des recettes, des plats vous seront présentés, et des conseils sur comment mieux mangés vous seront présentés. Enfin, Chers auditeurs, chères auditrices, c’est l’équipe radio de Migrants contre le sida qui dégustera pour vous les petits plats concoctés par nos invités...
À lire les guides sur la nutrition ou l’hygiène alimentaire édités par les associations classiques de lutte contre le sida, on pourrait croire que la cuisine de nos pays d’origine soit n’existe pas soit nuit carrément à notre santé. Alors, la cuisine de nos pays d’origine doit-elle être adaptée pour répondre au besoin d’une personne séropositive qui suit une trithérapie ? La chorba serait-elle contre-indiquée pour les séropositifs ?
Mobilisation de la mafia du sida
- Mafia du sida (durée : 2:13, format MP3 Download).
Refus du contrôleur financier régional de Paris de verser les subventions : mobilisation de la Mafia du Sida ou dénonciation d’une mise en danger de la pérennité des actions envers les malades du sida ?
