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Les immigrés et le sida : protestations contre les "discriminations"
7 juin 1999 (AFP)
PARIS, le 7 juin 1999 (AFP)
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PARIS, 7 juin (AFP) - L’association Migrants contre le sida a protesté lundi devant la presse contre les "discriminations" subies par les immigrés malades du sida et demandé "l’égalité des droits face à la maladie".
L’association a cité l’étude récemment rendue publique par l’Institut de veille sanitaire (InVS), la première depuis 1996, qui met en évidence le fait que les étrangers atteints du sida bénéficient dans une moindre mesure que les Français du dépistage et d’une prise en charge de la séropositivité.
Les étrangers vivant en France, a établi également l’InVS, sont deux fois plus touchés par le sida que les Français. Migrants contre le sida note à ce sujet que l’étude de l’InVS ne prend pas en compte la part importante des Français d’origine maghrébine et africaine et des étrangers sans papiers.
Sur l’année 1997, toujours selon l’étude, 56% des étrangers ne connaissaient pas leur statut sérologique au moment du diagnostic du sida contre 38% des Français et, parmi ceux qui connaissaient leur séropositivité, on constate que 65% des étrangers contre 53% des Français n’ont pas bénéficié d’un traitement antirétroviral avant le diagnostic du sida.
"Avec cette étude, dit Migrants contre le sida, les pouvoirs publics ne peuvent plus nier l’urgence de mener une nouvelle lutte contre le sida, en s’attaquant directement à la discrimination et aux inégalités".
L’association demande l’organisation d’une campagne nationale de prévention s’adressant directement aux publics immigrés ou issus de l’immigration.
Elle demande également une nouvelle mobilisation des associations de lutte contre le sida, confrontées, dit-elle, à la démobilisation de leurs troupes et qui envisagent "difficilement de s’investir dans cette nouvelle lutte".
Lundi, des immigrés sont venus témoigner des difficultés rencontrées pour obtenir l’accès aux traitements ou pour trouver un logement pour se soigner correctement, les logements thérapeutiques étant en nombre très insuffisant, ont-ils rappelé.