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Collectif Alerte Santé, notre santé n’est pas une marchandise
9 novembre 2000 (Collectif Alerte Santé)
PARIS, 9 novembre 2000 (Collectif Alerte Santé)
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Le 27 mai 2000, à Paris, s’est constitué l’association Collectif Alerte Santé (C.A.S.), notre santé n’est pas une marchandise autour du texte de l’appel lancé à la fin de l’année 1999 par le Syndicat de la Médecine Générale et sa revue Pratiques ou les cahiers de la médecine utopique. Ce texte est adopté comme charte d’adhésion au C.A.S..
Charte d’adhésion au C.A.S.
Mieux soigner, sortir la santé de la logique marchande, la remettre dans le champ public et politique, contre la dictature du néolibéralisme en médecine
Sur fond d’une crise structurelle déjà ancienne et complexe de la médecine, le néolibéralisme avance à marche forcée dans la période actuelle, mettant en péril jusqu’aux principes même du fonctionnement de notre système de soins : l’accès pour tous à des soins de qualité.
Un système de soins taraudé par les logiques marchandes.
Une part du coût des soins de plus en plus importante est laissée à la charge des individus, avec l’augmentation du ticket modérateur (voire le non remboursement des médicaments ou des soins), les dépassements d’honoraires des médecins, le secteur privé à l’hôpital. Cette part croissante des dépenses de soin non couverte par la sécurité sociale ouvre aux compagnies d’assurances privées le marché très juteux de l’assurance complémentaire qui s’ouvre pour les couches sociales favorisées de la société. D’ores et déjà des projets communs à AXA et à certains syndicats médicaux conservateurs voient le jour avec la constitution de filières de soins concurrentielles qui refuseront de prendre en charge les malades impécunieux ou les pathologies trop chères et qui rémunéreront des médecins suffisamment dociles pour accepter leurs diktats en matière de prescription ou de conduite professionnelle.
Un modèle éculé, dont l’échec est patent et prouvé.
Inclure le soin dans la logique du marché aboutit immanquablement à des situations catastrophiques : l’exemple le plus parlant de l’échec de ces règles du jeu sont les Etats-Unis d’Amérique : pays qui cumule les dépenses de santé les plus élevées au monde, de mauvais indicateurs de santé et de morbidité et 60 millions de citoyens américains dans l’impossibilité de se soigner pour des raisons pécuniaires. Chez nous, aucune des nombreuses mesures technocratiques émanant des décideurs et des gestionnaires des deux dernières décennies n’a réussi à inverser le cours des choses. Elles n’ont fait que renforcer le vent libéral actuel.
Pour une alternative politique : mieux soigner et remettre la santé dans le champ public et politique.
Face à ces dysfonctionnements structurels majeurs il s’agit :
- d’entreprendre la mise en place d’une véritable politique globale des soins et de la santé publique avec des choix explicités, débattus et choisis de façon démocratique.
- d’examiner les solutions du financement des dépenses de soins, de leurs régulations qui passent par la nécessaire redéfinition des rôles et pouvoirs de décision entre citoyens, gestionnaires, représentants des assurés sociaux et professionnels de santé.
- de prendre en compte les évolutions actuelles de la médecine, où les progrès résident à la fois dans la meilleure utilisation des nouvelles techniques et des nouvelles molécules thérapeutiques, mais aussi dans la mise en place de nouveaux objectifs de travail, de nouveaux comportements des professionnels du soin et des usagers pour faire "mieux".
C’est aussi la prise en considération des facteurs environnementaux, de la santé communautaire, du travail pluridisciplinaire associant professionnels du soin et du secteur social qui permettra une meilleure articulation entre l’hôpital et la médecine ambulatoire.
Des pratiques locales innovantes, nombreuses et variées existent dans ce sens et font leurs preuves depuis de nombreuses années en France. Elles sont reconnues et institutionnalisées dans de nombreux pays occidentaux d’Europe et du reste du monde.
La revue Pratiques appelle à la résistance contre la logique néolibérale qui est en train de détruire les bases même de notre système de soins fondé sur la qualité des soins accessible à tous, sans discrimination par l’argent.
A son initiative, est décidée la création d’un Collectif Alerte Santé, notre santé n’est pas une marchandise dans lequel se retrouvent des personnes agissant à titre personnel ou au titre d’une association, venant d’horizons variés (professionnels du soin, syndicalistes, mutualistes, gestionnaires, universitaires, économistes et toute personne ayant à c[oe]ur d’[oe]uvrer pour améliorer les conditions de la santé).
Il y a une urgence politique à enrayer les logiques dominantes en cours. Il est de notre responsabilité de le faire savoir et de susciter le débat. Il s’agit non seulement d’engager un travail de réflexions, d’analyses critiques en commun, mais aussi d’élaborer des propositions politiques pour construire une alternative au scénario de la logique libérale qui prévaut actuellement pour la médecine et la protection sociale.
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