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Emission du 4 avril 1998
4 avril 1998 (survivreausida.net)
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Le Collectif des Homos Sans-Papiersdurée : 13:07
Retrouvez la chronique juridique de Mounir Chikhaoui la semaine prochaine...
Moulin Joly : un centre de soins gratuits menacé de fermeture (interview de Hocine Belkacemi, directeur du centre du Moulin Joly) (durée : 5:54)
Eux — les pouvoirs publics, les médecins, les directions des hôpitaux — veulent un système de soins parallèle pour les malades du sida, les immigrés, les sans-papiers, les pauvres... Parce qu’ils ne veulent pas voir nos gueules dans « leurs » cliniques, dans « leurs » hôpitaux. Ils ne veulent pas se retrouver face à des « cas difficiles » ou « lourds », comme ils disent. Mais, surtout, ils préfèrent que la discrimination dont ils sont responsables — le déni de soins au faciès, la délation, les expulsions — reste cachée, hors de vue de la « bonne » société.
Nous, qui sommes convaincus que l’accès aux soins est un droit fondamental, nous savons que si ces lieux d’accueil, de soins, n’existaient pas, trop nombreux seraient ceux qui n’iraient jamais se soigner, jamais consulter un médecin, jamais chercher un médicament...
L’idée du centre du Moulin Joly est née de telles contradictions, pendant les bagarres des années quatre-vingt pour que l’hôpital soigne vraiment tout le monde, notamment les malades du sida.
Mais quand le centre sera enfin ouvert, en 1993, ce sera sur un caprice de Kouchner alors qu’il quittait ses fonctions... Et le centre se retrouve aujourd’hui menacé de fermeture... Le même ministre dit aujourd’hui qu’il ne veut pas se mêler !
Migrants contre le sida discute avec Hocine Belkacemi, directeur du centre, qui affirme que ce centre médical touche une population de galériens, pour qui le centre est la seule chance de voir un médecin, d’obtenir des médicaments.
Pour Migrants contre le sida, quelles que soient les magouilles politiques derrière cette histoire, fermer un centre médical qui a un contact direct avec des malades issus de l’immigration — ceux qui aujourd’hui paient un lourd tribut à l’épidémie — et qui dispense des soins gratuits constitue rien de moins qu’un acte d’agression contre notre santé.
Au moment où le même gouvernement prépare dans le plus grand secret le projet de l’AMU (assurance malade universelle) qui vise à exclure du système de soins « toute personne en situation irrégulière » (déclaration de Nicole Notat en 1997) dans le cadre du projet de loi contre l’exclusion, la menace de fermeture fait apparaître au grand jour toute l’hypocrisie doublée de cynisme et de mépris de l’équipe de Lionel Jospin.
Le Collectif des Homos Sans-Papiers (durée : 13:07)
Nazeer Shadoo Buccus, homo mauricien sans papier, et son partenaire Lionel Povert, français-avec-plein-de-papiers, avait d’abord misé sur le soutien politique de certains pontes du Parti socialiste. Nazeer a déposé son dossier de régularisation, avec un véritable espoir de pouvoir vivre dignement, dans le respect de ses droits, en tant qu’homosexuel.
Le refus est arrivé, pour Nazeer comme pour 80 000 autres sans-papiers. Nazeer et Lionel vivent ensemble, s’aiment, depuis cinq ans, mais pour Monsieur Le Préfet, Nazeer est un « célibataire » et donc ne sera pas régularisé.
De ce refus est né l’idée d’un Manifeste, celui du Collectif des Homos Sans Papiers, créé par Nazeer et Lionel le 21 mars 1998. D’autres couples les rejoignent, et les associations issues des luttes homosexuelles soutiennent...
Une de leurs revendications, après tout, n’est rien d’autre que celle du droit de vivre en famille... mais toutes les familles. Pour Migrants contre le sida, un couple homosexuel, ou (dans un autre registre) une famille « polygame », c’est une famille... Il faut démonter les idées conservatrices et réactionnaires qui font de la famille « nucléaire », hétérosexuelle, chrétienne, monogame, le seul modèle valable dans cette société.
Pour en savoir plus sur le Collectif :
http://perso.wanadoo.fr/byzance/Manifeste.html
Email : cdhsp@wanadoo.fr
Appelez Nazeer Shadoo Buccus ou Lionel Povert
Tél. et fax : 01 42 03 29 09 ou 06 60 76 81 38
Anne et Marine
Tél. 01 46 33 35 31