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URGENT : Ali B., hospitalisé de force pour avoir distribué un tract
3 juillet 1999 (survivreausida.net)
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Dernières infos de la campagne de Migrants contre le sida pour libérer Ali B. de l’asile psychiatrique de Maison Blanche
Rassemblement samedi 3 juillet 1999 à 14h
1 place Henry Dunant
Métro George V
Pour en savoir plus : 08 70 25 12 50
Ali B. est hospitalisé d’office à l’hôpital psychiatrique de Maison Blanche (Neuilly-sur-Marne), sur ordre du préfet et sur la base d’un certificat médical rédigé par les médecins du centre du Moulin Joly. Cet avis médical, prononcé en guise de représailles contre Ali B., engage la responsabilité du médecin.
Ali B. ne souffre d’aucun problème de santé mental. Son seul tort est d’avoir participé à une action collective de protestation politique symbolique, contre les pratiques répressives et de contrôle social du centre du Moulin Joly de la Croix-Rouge Française.
Jeudi 24 juin à 9 heures, des militants de Migrants contre le sida et des amis d’Ali B. ont jeté du sang, des tripes, et des ordures par la porte du centre du Moulin Joly. Cet acte politique de protestation symbolique avait pour objectif de :
- Protester l’exclusion arbitraire, sans aucun motif, début mars 1999, d’Ali B., qui fréquentait le centre depuis septembre 1998 et qui s’était révolté, début mars 1999, contre le contrôle social et le règlement intérieur contraignant et infantilisant à l’intérieur du centre
- Dénoncer le fait que le Dr Marc Bary, directeur du centre, ait appelé la police lorsque Ali était revenu au centre.
- Dénoncer le refus du Dr Bary de restituer à Ali B. son dossier médical et social.
- Dénoncer l’absence de suivi social et de toute démarche de récupération des droits sociaux (les travailleurs sociaux du Moulin Joly ont été licenciés)
- Dénoncer le chantage fait aux malades pour obtenir l’accès aux médicaments antirétroviraux et/ou de substitution
- Signaler notre refus de laisser s’exercer e tranquillement la violence médicale et policière et mettre en garde ceux qui pratiquent ces discriminations.
L’après midi du 24 juin, Ali B. a disparu. Les vérifications faites auprès des commissariats, des centres de rétention, et des hôpitaux n’ont pas permis de le retrouver. C’est le 30 juin que nous avons appris ce qui s’est passé :
À 16 h 30, le 24 juin, Ali B. distribuait le tract revendiquant notre action du matin. Le centre du Moulin Joly l’a repéré et a appelé la police pour le faire arrêter. Une fois au commissariat, plusieurs personnes du centre sont arrivées. Ali B. a été frappé par le psychologue du centre du Moulin Joly, sous les yeux de la police. Selon le commissariat, appelé le 25 juin, Ali B. n’a pas été mis en garde à vue, ou du moins l’agent assurant la permanence téléphonique n’a pas pu retrouvé des traces de son arrestation. Ali B. a été immédiatement condamné à l’hospitalisation d’office. Le certificat médical motivant cette hospitalisation a été rédigé par les médecins du centre.
Les médicaments administrés de force à Ali B. par les psychiatres de l’établissement où il est détenu ont déjà eu un effet néfaste sur son état de santé. Ali B. n’a pas accès aux traitements que nécessite son état de santé.
Pour la première fois depuis son arrivée au centre du Moulin Joly, Ali B. avait réussi à remettre en place un suivi médical et social à l’hôpital St Louis. Le 21 juin 1999, il avait enfin obtenu la délivrance d’une ordonnance pour les médicaments que nécessitent son état de santé et en même temps obtenu, grâce à l’aide des travailleurs sociaux, la possibilité d’accéder à la sécurité sociale.
Ces démarches avaient été compliqué par le fait que le Moulin Joly refuse de lui restituer son dossier médical et social. Ali B. avait plusieurs fois demandé des pièces de son dossier, notamment concernant sa demande d’Allocation Adulte Handicapé et sa situation administrative (séjour). Après son exclusion arbitraire, il a demandé les éléments de son dossier médical et social le concernant. Le centre du Moulin Joly a refusé de lui remettre son dossier, ou même des éléments dont il avait besoin pour son rendez-vous à la préfecture du 9 avril 1999.
Fin mai, alors qu’Ali B. entamait des démarches de suivi médical, une assistante sociale à l’hôpital Saint-Louis, a demandé le dossier social d’Ali B. au centre du Moulin Joly. Selon elle, le dossier social envoyé par le centre a été « édulcoré » : il contient 4 ou 5 pièces, et il n’y a aucun rapport social (préparé en principe par les travailleurs sociaux sur la base d’entretiens avec Ali B.). Par téléphone, Dr Bary lui a déclaré explicitement qu’il ne voulait pas que le dossier social soit remis à Ali B.
Les médecins du Moulin Joly (Dr Bary et une collègue) ont plusieurs fois répéter qu’Ali refusait de prendre les médicaments recommandés par son médecin. Ces déclarations mensongères et hypocrites ont été faites publiquement, au mépris du rapport de confidentialité qui lie un médecin avec son patient. Quelque soit leurs véracités, il reste que c’est le droit absolu d’un patient de refuser un traitement, quel qu’il soit, proposé par son médecin.
Ce qui est certain, c’est qu’Ali B. ne refusait pas le principe d’un suivi médical régulier, malade depuis plus de dix ans, il savait très bien l’importance d’un tel suivi. D’ailleurs, lors de son expulsion publique, en février mars 1997, il avait été privé des médicaments et des soins auxquels il avait droit pendant près de deux mois, et en subit encore les conséquences.
L’exclusion prononcé par le centre du Moulin Joly, avec le soutien de la hiérarchie de la Croix-Rouge Française, a été arbitraire, définitive mais sans motif clair et sans aucun moyen de recours. Il n’y a évidemment aucune trace écrite de cette exclusion, et le centre du Moulin Joly a donné des explications contradictoires, en fonction de leur interlocuteur.