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Irak
Irak : la fièvre aphteuse, arme de guerre contre le peuple irakien
10 avril 2001 (survivreausida.net)
PARIS, 10 avril 2001 (Migrants contre le sida)
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Pour le mois de février 2001, le Ministère de la Santé irakien vient d’établir un bilan chiffré de 10 525 enfants et personnes âgées morts des maladies ou de la malnutrition sous l’embargo qui frappe l’Irak depuis le mois d’août 1990. En dix ans, l’embargo contre l’Irak a tué 1 million et demi d’Irakiens.
Suite à notre émission « Irak, 10 ans de guerre » (Emission du 20 février 2001 (n° 83)), Migrants contre le sida relate ici quelques éléments sur la fièvre aphteuse en Irak, apparue en 1999 juste après la destruction par l’UNSCOM du laboratoire irakien qui produisait le vaccin contre ce fléau...
Début 1999, la fièvre aphteuse avait décimé en moins de deux mois plus d’un million de têtes de bétail irakien. Le « International Action Center », un groupe qui milite contre l’embargo, s’était alarmé des conséquences de cette catastrophe pour le peuple irakien, déjà souffrant de malnutrition après huit ans de blocus.
Les États-Unis portent une responsabilité directe pour cet embargo. Ce sont les inspecteurs de l’UNSCOM (agence de l’ONU contrôlée par les américains, infiltré par la CIA) chargé jusqu’en 1998 du désarmement de l’Irak qui ont d’abord fermé et ensuite détruit, en mai 1996, le laboratoire irakien (construit par une entreprise française en 1982) qui produisait le vaccin contre la fièvre aphteuse. Ce laboratoire de Bagdad fabriquait un vaccin qui avait permis d’éradiquer totalement ce fléau.
Avant la destruction de ce laboratoire, les agriculteurs irakiens vaccinaient leur bétail trois fois par an. Le surplus des lots de vaccins était également exporté vers d’autres pays arabes.
Pourquoi ce laboratoire a-t-il été détruit en 1993 ? Parce que les États-Unis prétendaient qu’il pourrait être utilisé pour produire des armes biologiques ou chimiques.
Si le gouvernement américain n’avait pas détruit ce labo, l’Irak n’aurait pas été frappé 6 ans plus tard par la fièvre aphteuse. C’est aussi simple que cela : la destruction de ce labo constitue un acte de guerre biologique contre l’Irak.
Si les autorités irakiennes ne se sont pas opposées à sa destruction, c’est uniquement sur la base des promesses de l’UNSCOM (des américains) concernant la levée des sanctions, la reprise des ventes de pétroles, et la reconstruction du pays.
Les États-Unis auraient-ils introduit le virus de la fièvre aphteuse en Irak en 1999 ? Les preuves manquent à l’appui, mais il est clair que l’armée américaine n’exclut pas l’utilisation des armes biologiques. Il est indéniable que le retour de la fièvre aphteuse était prévisible en Irak, dès lors la destruction du laboratoire fabriquant le vaccin.
Hier, l’agence officielle du gouvernement irakien a rendu public un communiqué qui fait le lien entre la fièvre aphteuse qui ravage le bétail en Angleterre et ce qui s’est passé en Irak en 1999 : le bétail anglais est frappé par le virus de type O (asiatique), qui serait le même que celui qui avait frappé l’Irak en 1999. Ceci pourrait s’expliquer si les services anglais avaient exporté un virus de ce type vers l’Irak.
Quoi qu’il en soit, conclut l’agence de presse irakienne, la fièvre aphteuse en Irak constitue « un crime crapuleux de l’administration U.S. et son allié britannique a dépourvu l’Irak et les pays voisins d’une source de vaccin qui aurait pu réduire les pertes provoquées par la fièvre aphteuse. Ce faisant, les États-Unis et la Grande Bretagne ont démontré leur haine pour tout ce qui est civilisé et tout ce qui peut contester leur barbarisme et leur arrogance vaine »...