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Haïti
En Haïti, mourir du Sida dans la dignité
1er juillet 2000 (Reuters)
PORT-AU-PRINCE, 1er juillet 2000 (Reuters)
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Ils sont connus, pas par leur nom, mais par leur numéro blanc peint au-dessus de leur lit fabriqué avec du métal. Ils meurent des complications de la maladie du SIDA et ne le savent même pas.
Frère Thomas Antany, directeur de la clinique médicale créée par les Soeurs de la Charité, ordre religieux catholique fondé par la défunte mère Teresa, nous dit : Ils sont tous malades, ils sont tous pauvres, et ils mourront tous bientôt. Haïti n’a pas les moyens de traitement dont disposent les pays développés. Et avec un virus aussi foudroyant, il y a peu d’espoir sinon de permettre à ces malades de mourir dans la dignité.
Selon l’organisation mondiale de la santé, les Caraïbes endurent, les effets les plus dévastateurs du SIDA, derrière l’Afrique. Cette progression de l’épidémie est facilitée par la pauvreté et l’ignorance.
Haïti est le pays le plus vulnérable de cette région. Au moins 330.000 Haïtiens sont atteints du virus VIH, selon les estimations des Nations Unies à fin 1999. Le dépistage ne touche qu’une minorité de la population. Les tabous culturels empêchent à beaucoup d’Haïtiens d’utiliser les condoms. Les médicaments, qui sont capables de lutter efficacement contre le virus, sont très chers et ne sont accessibles qu’aux riches. Le traitement à l’aide de ces nouvelles thérapies coûte $15.000 par année et par patient — l’équivalent du salaire annuel moyen de 30 ouvriers haïtiens.
Joollo Dons Van Onacker, haut fonctionnaire de la santé en Haïti pour les programmes de l’épidémie du SIDA, déclare : nous pouvons seulement traiter les symptômes. Plus de 40 groupes internationaux travaillent avec les personnes séropositives et leur fournissent des soins médicaux qui les soulagent.
Deux grandes cliniques dont une dans la capitale et l’autre dans le plateau central, traitent régulièrement les personnes infectées. La clinique à Port-au-Prince, dirigée par l’université médicale de Cornell aux U.S.A., a été l’objet d’une enquête minutieuse après une information publiée, récemment, par le New York Times signalant que les patients étaient, sans leur consentement, des cobayes pour la recherche médicale des Etats-Unis. Le directeur de la clinique a refusé, le mois dernier, d’accorder un entretien aux journalistes qui le sollicitaient.
La majeure partie des $2 millions d’aide internationale que Haïti reçoit pour lutter contre le SIDA est dépensée pour la prévention. M. Van Onacker ajoute : notre cible, ce sont les jeunes, qui n’ont pas conscience de la gravité de cette maladie.
Quand les malades acceptent d’aller à la clinique d’Antany, leur état est déjà désespéré. Frère Antany est un homme souriant et très compatissant. Il est originaire de l’Inde où il a été formé par les missionnaires de la Charité à Calcutta. Il termine en ajoutant cette phrase qui résume toute la situation en Haïti : Je ne peux seulement qu’offrir, aux personnes atteintes du SIDA, des prières et un lit propre.
L’épidémie du Sida s’ajoute aux malheurs d’Haïti
Malgré leur malheur, les 34 orphelins qui habitent au foyer "Arc-en-ciel" ont de la chance car des milliers d’autres sont dans la rue et dans la misère. Ils ont perdu leurs parents victimes du SIDA, et, 28 d’entre eux, âgés pour la plupart de moins de 6 ans, sont aussi infectés par le virus HIV responsable de la maladie. Plus qu’un orphelinat, le foyer Arc-en-ciel est à la fois l’image de la tragédie profonde que connaît Haïti et le courage du peuple haïtien.
Seule institution de cette sorte dans un pays qui compte environ 190’000 orphelins du SIDA dont beaucoup sont eux-mêmes séropositifs, le foyer Arc-en-ciel est une oasis importante mais minuscule dans l’horizon morbide de cette épidémie. Situé dans la banlieue de Boutilliers, au-dessus de Port-au-Prince, capitale polluée d’Haïti, le foyer Arc-en-ciel occupe un manoir jadis propriété de la famille de Michelle Duvalier, épouse de l’ancien dictateur Jean-Claude Duvalier dit "baby doc". La maison a été saccagée et pillée par la population après le renversement de Duvalier en 1986, au cours d’une orgie de destruction vengeresse connue sous le nom de « dechoukaj ».
Il y a cinq ans, le gouvernement haïtien a confié ce manoir à un couple Haïtiano-Canadien. Ces derniers l’ont réhabilité et y ont installé le foyer Arc-en-ciel.
Entre-temps, les puissances industrialisées se creusent les méninges pour trouver une solution équitable. Celle qui permettra de répartir au mieux, entre investisseurs avisés, le profit de ce juteux marché de vaccins, de tri-thérapies, de cocktails de drogues en tous genres. Comme il faut un retour sur investissement, le commerce lié au SIDA ne se fait qu’avec ceux qui peuvent payer.
Selon les estimations réalisées par l’OMS (Organisation Mondiale de la Santé) en 1998, Haïti compte environ 335.000 adultes touchés par le virus HIV, soit environ 4,5 pour cent de la population adulte du pays. Toutefois, la situation d’Haïti n’est pas aussi catastrophique qu’en Afrique subSaharienne où certains pays enregistrent des taux d’infection atteignant jusqu’à 36 pour cent de la population adulte.
En outre, la propagation du SIDA en Haïti, quoique importante, n’est pas la plus élevée de l’hémisphère occidental. Par comparaison, en 1998, le taux d’infection en Europe de l’Ouest était de 2,5 pour cent et de 5.6 pour l’Amérique du Nord, toujours selon l’organisation mondiale de la santé.
A fin 1998, environ 300.000 Haïtiens sont morts du SIDA, soit entre 100 et 150 personnes par jour. Cela constitue un lourd tribut pour un pays d’environ 7 millions d’habitants. La mortalité due au SIDA a diminué l’espérance de vie à 47,4 pour les hommes et 51 ans pour les femmes.
Tabous et démentis
À la différence des nations occidentales qui ont pu contenir la progression de la maladie par des campagnes publiques de prévention et des traitements médicaux coûteux, Haïti est toujours au point de départ dans son combat contre le SIDA. Des facteurs tels que les tabous culturels et la désinformation du gouvernement ont rendu caducs tous les efforts pour contrôler l’expansion de la maladie.
Au début des années 80, Haïti à été injustement désignée comme étant la source de l’épidémie du SIDA et son image en a été considérablement ternie. Ces allégations ont très vite eu des conséquences désastreuses sur la situation économique du pays. Entre 1980 et 1983, l’industrie du tourisme, une des plus importantes sources de devises étrangères du pays, s’est effondrée.
Selon les médecins qui sont sur le terrain, la croyance aux malédictions et aux esprits ainsi que l’opprobre dont sont l’objet les malades rendent la communication difficile. Un certain nombre de groupes de support aux malades ont pris naissance dans toute la capitale, y compris un groupe de soutien aux homosexuels.
Finalement, c’est le chaos politique perpétuel et la pauvreté du pays qui empêchent le développement d’une lutte efficace contre le SIDA. Le début de l’épidémie a coïncidé avec les dernières années de la dictature de Duvalier, dans le milieu des années 80, et le jeu des chaises musicales qui s’en suivit au palais présidentiel.
En 1991, le renversement de Jean-Bertrand Aristide a été suivi de trois années de dictature militaire puis d’une invasion de l’armée américaine pour assurer son retour à la présidence. Les querelles politiques depuis 1997 ont immobilisé le gouvernement, dilapidé pratiquement toute l’aide internationale et empêché la mise en place d’une action politique capable d’apporter des solutions au défi du SIDA et d’ailleurs à tous les autres défis.
Des études ont démontré que le SIDA s’est probablement répandu dans les campagnes pendant le règne de la terreur imposé par les militaires après la déchéance d’Aristide, lorsque de jeunes hommes - dont un grand nombre étaient déjà contaminés — ont du fuir la capitale pour se réfugier dans les villes de province. Néanmoins, le taux d’infection à Port-au-Prince reste au moins deux fois plus élevé que celui dans des zones rurales.
Pauvreté et ignorance
Le Docteur Arthur Fournier, directeur de l’école de la santé communautaire à l’université de médecine de Miami, qui dirige un programme de formation pour des médecins de famille au Cap-Haïtien, pense que le développement du SIDA en Haïti est facilité par la pauvreté et l’ignorance.
Les interventions de ses étudiants dans les orphelinats en Haïti, montrent, par exemple, que la moitié des enfants séropositifs sont également atteints de la tuberculose, principale épidémie du pays.
Malheureusement, les récents médicaments appelés "rétrovirus" qui ont diminué le taux de mortalité des personnes séropositives aux États-Unis et en Europe de l’ouest, sont presque inexistants en Haïti. Les raisons principales sont le coût exorbitant — environ $1.000 par mois — et l’assistance médicale de haut niveau indispensable.
Selon Norberto Martinez-Cuellar, médecin colombien responsable de la mission de l’organisation Panaméricaine de la santé à Port-au-Prince, le coût du traitement et de la surveillance médicale est si excessif qu’il absorberait la totalité du budget national pendant les 10 années à venir si on voulait combattre efficacement l’épidémie du SIDA dans le pays.
Quelques programmes de lutte contre le Sida et d’éducation sexuelle commencent à donner des résultats. Par exemple l’utilisation des préservatifs, malgré son association avec la prostitution dans l’esprit de beaucoup d’Haïtiens, a augmenté d’environ 30 pour cent parmi les hommes sexuellement actifs.
Un accord signé au mois de mai 2000 entre l’ONU et les cinq principaux fabriquants mondiaux de médicaments, vise à permettre aux pays pauvres d’acheter les médicaments les plus récents à un coût réduit. Cet accord facilitera, certainement, l’accès aux soins nécessaires aux personnes malades du SIDA en Haïti.
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En Haïti, mourir du Sida dans la dignité
je travaille a la MINUSTAH - SECTION PROTECTION DE L ENFANT ET SIDA - J AIMERAI VISITER LA MAISON ARC EN CIEL - EST CE POSSIBLE ET FAUT IL ACCOMPLIR DES FORMALITES ? FABIOLA
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En Haïti, mourir du Sida dans la dignité
La communautéinternationale a investi beaucoup d’argent dans la lutte contre le sida en Haiti. Pourquoi cela n’a-t-il pas apporté de résultat ? Le sida n’a t-il pas un moyen utilisé par certaines organisation non gouvernementales pour faire de l’argent ?
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En Haïti, mourir du Sida dans la dignité
C’est normal qu’il n’y a pas de résultats en Haiti car dans ce pays il n’existe pas de véritable régime démocratique et sociale contrairement à la France et au Canada, qui se préoccupe tous les jours des problèmes de la population. Pour vivre en Haiti il faut étre riche parce que la bas il n’y aucune aide sociale et pas assez de prévention médicale. Dans un premier temps le medecin n’est pas obliger de respecter le serment d’hypocrate puisque si tu es pauvre le medecin a le droit de te laisser mourir... J’ai l’impression que le peuple haitien est livré à lui mème. Sans Etat de droit,sans un véritable régime politique, sans un véritable gouvernement et sans une existante organisation de pouvoirs publics. HAITI N’AURA PLUS LIEU D’EXISTER...
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En Haïti, mourir du Sida dans la dignité
j’ai lu votre question ,l’argent des gouvernement n’apport pas des resultat je te dit par contre je suis volentaire de association du sud contre sida agadir au Maroc ,la plupar de notre travail nous les faire volentairement et l’autre argent en utilise pour les duplien et le transport et les tests.....
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En Haïti, mourir du Sida dans la dignité
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En Haïti, mourir du Sida dans la dignité
Bonjour a vous
Que pourais je faire pour aider ? je suis une dame du canada plus précis montréal j,ai 51 ans je suis en parfaite santé mes enfants sont maintenant partient de la maison et moi j’ai du temps de l’amour de la compation et de l’aide a offrir sans condition a ses pauvres petits et le sida ne me fait pas peur pour m’avoir bcp documenter sur le sujet,j’ adore les enfants et encore plus les petits qui sont malade et délaisser.Je ne peux vous offrir d.argent mais je peux vous offrir mon temps mon expérience et de surquoi mon amour pour les enfants,je suis conciente que c’est très dificile en haiti mais il n’y auras jamais asser de gens pour aider en haiti surtout les enfants alors je vous offre mon aide a la maison l’arc-en-ciel en espérant avoir des nouvelles bientot.
recever mes sentiments les meilleurs a bientot peut être.
Dominique Sergerie
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En Haïti, mourir du Sida dans la dignité
bonjour, je voudrai connaitre les differentes therapies existantes du virus du sida possibles actuellement.
merci d’avance.
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En Haïti, mourir du Sida dans la dignité
Je suis Myrtha, Haïtienne d’origine et je viens d’une province du pays.
J’ai lu avec beaucoup d’attention l’article mais de mon côté je me demande, d’après les études et recherches faites, est-ce-qu’on a pu toucher toutes les zones les plus reculées du pays pour rencontrer d’autres malades ? Pourquoi je fais cette approche ? Je présume qu’Il y a beaucoup de gens touchés par cette maladie qui ont laissé la capitale et se rendent directement dans leur province respective et ceci à travers des coins éloignés. Serait-il possible de les toucher ? et par quel moyen ?