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SIDA : L’éthique des essais
14 octobre 2001 (Le Figaro)
PARIS, 11 octobre 2001 (Le Figaro)
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par Catherine Petitnicolas
L’Union des médecins haïtiens (UMHA) et l’association Migrants contre le sida (MCS) protestent contre les conditions d’un essai de deux candidats vaccins préventifs contre le sida mené sur la population des bidonvilles de Port-au-Prince, en Haïti. Selon ces deux associations, deux prototypes de vaccins, l’un français (Aventis Pasteur), l’autre américain (Vaxgen), sont officiellement testés depuis avril 2001 dans ce pays.
« Les essais de sont pas menées directement par les firmes, mais par un groupe de spécialistes dirigé par Jean William Pape, un chercheur américano-haïtien, professeur à l’Université Cornell de New York », à précisé Reda Sadki, de Migrants contre le sida, une association destinée aux séropositifs d’origine africaine et arabe en région parisienne.
Selon l’Union des médecins haïtiens, la population des bidonvilles n’est pas « objectivement informée » : « Par exemple, on ne leur a pas dit que la vaccination va les rendre séropositifs, sans pour autant qu’ils soient réellement infectés par le virus du sida, mais avec, en revanche, un risque de discrimination. » La vaccination ne fait courir aucun risque de contamination. Mais les participants peuvent être infectés en cours d’essai, comme tout un chacun. Or le protocole ne mentionne pas qu’ils auront accès aux antirétroviraux.
L’UMHA exige du gouvernement haïtien la mise en place d’un véritable comité national d’éthique mandaté pour prendre clairement position. Pour le professeur Alain Sobel, ancien président du Conseil national du sida en France, « le problème est de savoir si la recherche clinique apporte un bénéfice aux patients. Dans ce cas précis, l’accès aux antirétroviraux était possible mais il n’a pas été donné. Les médecins haïtiens qui se sont insurgés contre cet état de fait ont globalement raison, leur mobilisation est extrêmement importante. » Il cite l’exemple de la Thaïlande, qui a refusé la mise en place d’essais de ce type sur sa population, grâce justement à la mobilisation du corps médical. Les participants aux essais n’avaient pas la garantie de continuer à bénéficier des traitements à la fin de l’étude.