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Haïti | Jean William Pape | Vaccin préventif
Jean Pape : les essais de vaccins antisida en Haïti assurés avec rigueur
15 octobre 2001 (AFP)
PORT-AU-PRINCE, 15 octobre 2001 (AFP)
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Les essais de vaccins contre le sida en Haïti sont effectués avec "la plus grande rigueur", a affirmé lundi le docteur Jean Pape, directeur des centres Gheskio mis récemment en cause par deux associations basées à Paris et en Haïti.
Ces essais "sont conduits avec la plus grande rigueur scientifique et éthique" et "le choix de se lancer à la recherche d’un vaccin efficace" pour combattre "l’épidémie qui frappe le pays est basée" sur la difficulté des nations en développement à avoir accès aux médicaments, a-t-il souligné.
"Notre réalité" est que "les médicaments anti-rétroviraux sont difficilement accessibles aux pays en voie de développement malgré la récente réduction de leur coût", a précisé le docteur Pape.
Spécialisés dans la lutte contre le sida en Haïti depuis vingt ans, les centres Gheskio (Groupe haïtien d’étude du sarcome de Kaposi et des infections opportunistes) ont été mis en cause le 10 octobre par l’association Migrants contre le sida (MCS), basée à Paris, et l’Union des médecins haïtiens (UMHA).
Le MCS et l’UMHA, une association minoritaire par rapport à l’Association médicale haïtienne (AMH) qui regroupe la grande majorité du corps médical, ont dénoncé les conditions d’expérimentation en Haïti de deux vaccins préventifs contre le sida, celui du français Aventis Pasteur et de l’américain Vaxgen.
Ces vaccins sont testés depuis avril 2001 par les centres Gheskio.
Selon MCS et l’UMHA, la population haïtienne est utilisée comme "cobaye", les règles d’éthique ne sont pas respectées et la population des bidonvilles n’est "pas correctement informée" sur ces essais.
Le docteur Pape a réfuté vivement ces accusations, soulignant notamment qu’il a "toujours refusé de mener des essais en phase 1 qui évalue la toxicité des produits". Celle-ci "a été conduite pour les deux vaccins respectivement en France et aux Etats-Unis", a-t-il dit.
Les volontaires haïtiens pour participer à ces essais, dont le but est d’évaluer la réponse immunitaire en milieu tropical, "ont été pleinement informés des différents aspects de l’étude et ont donné leur consentement éclairé", a-t-il aussi ajouté.
"Le caractère volontaire de leur participation est renforcé à chaque étape" et ils "ont le droit à tout moment sans risque d’être pénalisés d’abandonner l’étude", a fait valoir le spécialiste.
Le projet vaccinal a été approuvé par tous les comités d’éthique des institutions concernées dont le comité d’éthique national et "a même reçu l’aval d’agences internationales telles l’ONUSIDA", a-t-il également précisé.
"Les institutions de supervision indépendantes du Gheskio viennent tous les trois mois évaluer nos activités et vérifier si toutes les normes scientifiques et éthiques sont respectées", a enfin souligné le docteur Pape.