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Haïti
Lettre d’Haïti : « Je ne peux pas travailler sur un lit d’hôpital ou sur un lit de mort »
23 octobre 2001 (Migrants contre le sida)
PORT-AU-PRINCE, 23 octobre 2001 (Migrants contre le sida)
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Voici le courrier de la semaine, suite à notre émission du 9 octobre qui relayait les protestations de l’Union des médecins haïtiens contre des expérimentations médicales menées sur la population des bidonvilles de Port-au-Prince en Haïti :
Je partage vos réserves sur les questions d’éthique. Cependant, vu la situation d’urgence dans laquelle nous nous trouvons, je pense que Migrants contre le sida pourrait et devrait aider à rendre les antirétroviraux non seulement accessibles mais surtout disponibles.
Je suis un patient qui arrive difficilement a trouver l’argent nécessaire pour acheter le cocktail de thérapie. Le coût actuel est de 250 dollars américains (1800 francs français). Vous pouvez comprendre la pression à laquelle est soumis quelqu’un qui gagne 350 dollars (2500 francs) par mois. Quand, à part le coût on n’arrive a trouver le médicament sur place,faute de coordination entre le ministère de la santé et les fournisseurs,tous les discours sur combattre le Sida commencent à perdre leur sens.
En effet, il est pratiquement impossible de trouver de l’AZT sur le marché régulier haïtien, même pas chez l’agence pharmaceutique qui est censé être seul distributeur officiel. Quand un médicaments qui se vend à 1000 dollars haïtien la dose mensuelle est introuvable, cela aussi pose un problème d’éthique !
Comment un individu infecté peut-il se concentrer à travailler pour aider les autres quand sa perception est qu’il ne vaut pas la peine d’être récupéré ? Je suis pour la prévention à cent pour cent, mais je ne peux travailler sur un lit d’hôpital ou sur un lit de mort.
La lutte contre le sida doit être équilibrée. Tant que l’accès et surtout la disponibilité des médicaments n’aura pas atteint un niveau satisfaisant les personnes infectées seront plus difficiles a recruter comme partenaire dans cette lutte.
Personnellement, j’ai essayé de mettre sur pied une organisation"Action pour la Vie" dont le but principal etait justement de trouver des fonds pour subventionner le traitement de certains malades, mais j’ai rencontré tres peu d’enthousiasme. Les mots sont gentils, mais les actes produisent de meilleurs résultats. Merci et à la prochaine.
Signé : Lionel
Port-au-Prince, Haïti