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Haïti | Mémoire de la colonisation
Cercle Frantz Fanon : bicentenaire de la Révolution haïtienne
4 février 2002 (Cercle Fanon)
PARIS, 4 février 2002 (Cercle Fanon)
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C’est dès cette année que nous devons commencer à commémorer le bicentenaire de la grande révolution anti-esclavagiste haïtiennne.
De 1802 à 1804, les Haïtiens ont combattu l’armée napoléonienne qui prétendait rétablir l’esclavage au pays de Toussaint Louverture.
C’est en 1802 que la résistance haïtienne commence effectivement.
C’est aussi en 1802 qu’un corps de l’armée esclavagiste s’empare de la Guadeloupe.
Un homme, Louis Delgrès, inspiré par la résistance haïtienne, décide de combattre les envahisseurs. Il a un mot d’ordre : "on en veut à notre liberté mes amis, sachons nous défendre en gens de couleur, et préférons la mort à l’esclavage". Le Général Richepanse (dont une rue de Paris porte le nom, mais cette rue sera débaptisée le 4 février prochain) encercle Delgrès au Morne Matouba. Au moment où il donne l’assaut, Delgrès fait exploser son retranchement et y périt avec trois cent de ses compagnons (28 mai).
Les événements de Guadeloupe allaient avoir un grand retentissement sur ceux d’Haïti : là, les envahisseurs avaient caché leurs intentions esclavagistes et prétendaient simplement rétablir les "droits" de la France sur l’île (en accusant les chefs Noirs de séparatisme). Ils avaient ainsi rallié de nombreux partisans loyalistes et francophiles parmi les Noirs et la résistance était en quelque sorte minoritaire.
Mais quand la nouvelle du rétablissement de l’esclavage et de la répression en Guadeloupe parvint en Haïti, on assista partout à des ralliements massifs à la résistance, y compris chez les soldats Noirs -et même au delà - de l’armée impériale. Dès lors, celle-ci perdit progressivement pied, avant d’être obligée de capituler à Vertières, en 1804 : premier Dien Bien Phû, première décolonisation, "à bien des égards prémonitoire de ce que sera celle du XXème siècle", explique F. Arzalier dans sa préface des mémoires haïtiennes de Mollien (ed. Le Serpent de Mer, 2001).
Le Cercle Frantz Fanon (fondateur : Marcel Manville) mettra en place dès cette année des manifestations pour commémorer la révolution haïtienne ; pour parler aussi du peuple haïtien aujourd’hui, en Haïti même et dans le "dixième département", à l’étranger, y compris dans les "Départements français d’Amérique", où les droits des immigrés haïtiens sont si souvent bafoués. Pour évoquer enfin la dette inique formée par "l’indemnité" payée par Haïti jusque dans les années 30 pour prix de sa reconnaissance par la France et par la communauté internationale.
Détails de notre programme sur Haïti : www.cerclefanonparis.com