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Afrique du Sud | Médicaments génériques
Médicaments anti-Sida : 40 compagnies protestent
14 janvier 2001 (Le Figaro)
LONDRES, 14 janvier 2001 (Le Figaro)
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Un groupe d’entreprises pharmaceutiques poursuit en justice le gouvernement sud-africain pour essayer d’arrêter l’importation ou la fabrication non contrôlées de versions à prix réduits de médicaments brevetés contre le sida. Selon elles, il s’agit de violation de la législation sur la propriété intellectuelle.
Cette action a été lancée par l’association des producteurs pharmaceutiques sud-africains au nom de ses membres, qui protestent contre ce qu’ils qualifient de violation de la législation sur la propriété intellectuelle. Le procès aura lieu à partir du 5 mars devant la Haute cour de Pretoria. Il doit mettre fin à une controverse qui dure depuis trois ans.
Le laboratoire GlaxoSmithKline, le plus gros producteur mondial de médicaments contre le VIH (virus d’immunodéficience humaine) basé à Londres, a déclaré que l’industrie s’engageait à fournir des médicaments bon marché pour lutter contre le sida en Afrique, mais a ajouté qu’elle s’inquiétait des conséquences de la loi promulguée par l’ancien président Nelson Mandela en 1997. En vertu de cette législation, le gouvernement sud-africain peut fabriquer ou importer jusqu’à 15% de médicaments contre le sida sans tenir compte de leur brevet. Un responsable du ministère sud-africain de la Santé à Pretoria a expliqué que le gouvernement défendrait cette législation, car il la considère comme un outil important pour se garantir le droit d’obtenir des médicaments bon marché pour combattre l’épidémie qui ravage le pays.
Crainte d’une chute des prix
"Le gouvernement veut légaliser l’importation parallèle de ces médicaments. Il dispose d’une loi qui existe mais est en attente d’application, car les compagnies pharmaceutiques s’y sont opposées et la contestent au nom des lois sur la propriété intellectuelle", a expliqué à Reuters Jo-Anne Collinge, du ministère de la Santé. Sur les 34 millions de personnes dans le monde infectées par le VIH, 25 millions vivent en Afrique sub-saharienne, mais seule une infime proportion de ces malades a accès aux médicaments anti-rétroviraux qui ont permis de réduire les taux de mortalité dans les pays industrialisés.
Cette affaire est une épine dans le pied de l’industrie pharmaceutique qui souhaite empêcher un développement non contrôlé dans les pays en développement de médicaments génériques anti-sida. Elle craint en effet que cela ne fasse tâche d’huile en Europe et Amérique du Nord, où les prix du marché sont élevés. Ailleurs en Afrique, les groupes pharmaceutiques ont travaillé avec l’Onu pour fournir des médicaments réduits au gouvernement de manière contrôlée. Le Sénégal et l’Ouganda ont tous deux obtenu des accords de fourniture de médicaments contre le sida dans le cadre de l’Initiative d’accès accéléré de l’Onu conclue l’an dernier. Le Swaziland, le Kenya, la République centrafricaine, le Bostwana et le Gabon devraient les imiter en 2001. L’Afrique du Sud n’a pas souscrit à ce programme.