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L’histoire coloniale de l’hôpital Avicenne franco-musulman à Bobigny
7 mai 2002 (Migrants contre le sida)
PARIS, 7 mai 2002 (Migrants contre le sida)
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Écouter: L’histoire coloniale de l’hôpital Avicenne franco-musulman à Bobigny (MP3, 10 Mo)
L’hôpital Franco-Musulman de Bobigny : l’assistance médicale au service de la colonisation et de la ségrégation raciale
Sur le Département de la Seine Saint Denis, le sida a fait plus de morts que le cancer. Les habitants des cités, et en particulier les gens d’origine maghrébine, ont été en première ligne de l’épidémie des années 80 et 90. Il y a dix ans, les deux-tiers des personnes suivies à l’hôpital Avicenne étaient des toxicomanes. L’hôpital Avicenne est à la frontière entre Paris et la banlieue, au carrefour des épidémies du département. Michèle Bentata y dirige le service des maladies infectieuses.
Pour entrer à Avicenne, il faut franchir une porte mauresque avec l’inscription suivante : Franco-Musulman. Jusqu’en 1978, c’était le nom de l’hôpital Avicenne. Pourquoi ce nom étrange ? Les malades issus de l’immigration maghrébine ont-ils occupés une place dans l’histoire de cette hôpital avant l’épidémie du sida ?
Pour en parler, j’ai rencontré Françoise Salaün, historienne à l’Assistance publique.
À la fin des années 1920, il y a entre 50 000 et 65000 nord-africains qui vivent sur le département de la Seine. La Préfecture de la Sein, dans une brochure sur l’hôpital Franco Musulman, déclare en 1935 : « assez vite, certains quartiers lépreux de paris avaient vu cette misère dépaysée, avide, laborieuse aussi, affublée de nos défroques, se masser, de jour et de nuit, dans des taudis infects... Il fallait ordonner, endiguer le torrent, filtrer la vase ». Un article de M. Hulmann paru dans La Presse médicale, 14 septembre 1935 : « La protection, la surveillance [de la population nord-africaine], si spéciale à tant d’égards, soulevaient des problèmes et imposaient des devoirs qu’on mit un certain temps à discerner »
L’assistance médico-sociale aux travailleurs coloniaux est un outil de la surveillance et de la propagande. L’objectif est le « contrôle minutieux, constant de la main-d’oeuvre nord-africaine », « la centralisation de toutes les affaires, sans exception, qui concernent nos Algériens, nos Tunisiens, nos Marocains »... « Imagine-t-on ce que serait cette masse confuse, anonyme, s’il était impossible d’isoler, de repérer avec sûreté, les unités qui la composent ? ...quel danger pour la vie parisienne de tous les jours ! » C’est le Conseil municipal de paris qui fait cette déclaration en 1933.
Le Conseil crée la section des affaires indigènes nord-africaines, en 1925, rattachée à la préfecture de Police. Le 15 septembre 1926, le premier dispensaire réservé aux nord-africaines ouvre rue Lecomte, en 1928 c’est la Mosquée qui ouvre son dispensaire. Cinq ans plus tard, un troisième dispensaire est mis en place rue Thiphaine. L’objectif est de lutter contre la syphilis et la tuberculose,au nom de la sauvegarde de la santé publique.
L’hôpital Franco-Musulman est pour le Conseil de Paris « le couronnement de l’oeuvre de prévoyance et d’assistance entreprise par le département de la Seine en faveur des indigènes musulmans des colonies ».
Au moment de l’inauguration de l’hôpital, le 22 mars 1935, le ministre de l’intérieur est très explicite dans son discours : « Nous demandons aux populations musulmanes de voir dans l’ouverture de ce magnifique établissement une manifestation nouvelle de la sollicitude de notre pays et de son gouvernement pour leur avenir, pour leur bien-être, pour l’amélioration constante de leur situation »...
Pourquoi un hôpital réservé à la population nord-africaine
« Ils s’y sentaient dépaysés, isolés. Ils n’y trouvaient rien de ces traditions, de ces coutumes qui leur sont si chères et à quoi ils savent être si fidèles. Tout, le personnel, les hospitalisés, leur était étranger » : article de M. Hulmann paru dans La presse médicale, 14 septembre 1935.
La revue médico-sociale rajoute : « Répartis dans les hôpitaux de Paris, ces pauvres gens, si attachés à leurs traditions, eetaient une seconde fois déracinés... la création d’un hôpital speeical permet aux Nord-Africains de se retrouver entre eux, rapprochés, groupés et non point tristement isolés dans un milieu qui leur est étranger... cette création répond à un sentiment profondément humain... c’est une formule heureuse »
« Au fond, et bien qu’il s’adresse exclusivement à une catégorie déterminés de malades, il les avantage tous... L’existence d’un hôpital Franco-Musulman rendra disponible dans les autres hôpitaux autant de lits qu’il en contiendra lui-même. On peut donc dire que la population normale en bénéficiera directement », conclut Pierre Godin du Conseil général de la Seine en 1930.
L’Assistance publique donne un avis favorable, elle cite d’abord l’intérêt de diminuer l’encombrement de ses services et de réduire les dépenses de son administration »
Au moment de l’ouverture de l’hôpital Franco-Musulman à Bobigny en mai 1935, un note est adressée par le Directeur-générla aux directeurs d’établissements, pour les informer de cette mise en fonctionnement. L’hôpital doit être exclusivement réservé aux hommes musulmans.
Pourquoi avoir construit le Franco-Musulman à Bobigny ?
Le lit d’hôpital au Franco-Musulman coûte 80 000 francs, alors qu’un autre hôpital, celui de Beaujon, le premier hôpital moderne construit sur le modèle américain, le lite est revenu à 112.000 francs.
« En se modelant sur la vie musulmane, qui est sobre, le régime de l’hôpital revient à meilleur compte ». Une fois de plus, c’est l’argument économique qui est citée, cette fois-ci par la Préfecture de la Seine.
M. Azema, architecte de la ville de Paris, et M. Mantout, architecte de la Mosquée de paris, sont chargés du projet de l’hôpital Franco-Musulman. Le mandat suivant leur est donné : « donner aux constructions, sans entraîner pour cela un supplément de dépenses et tout en restant sobre, le caractère propre à l’architecture musulmane.
M. Hulmann commentera ainsi cette note mauresque jugé « du plus heureux effet » : « si l’on tenait absolument à formuler une critique, ce serait peut-être d’avoir trop bien fait, d’avoir prodigué, à côté de tant de choses utiles, un peu trop de luxe pour une clientèle qui ne saura sans doute pas l’apprécier, ni le comprendre, ni en jouir ».
Pour les géniteurs de l’hôpital Franco-Musulman, « le personnel doit être spécialement préparé à la tâche à laquelle on la destinait ». L’emploi d’infirmière « demande des aptitudes spéciales, notamment la connaissance des notions d’arabe et de berbère... Trois leçons d’une heure chacune doivent être affectées à l’enseignement de l’arabe et du berbère et une heure et demi au minimum pour l’histoire, la géographie et les coutumes »... « Cet enseignements permettra aux infirmières de comprendre plus facilement la mentalité musulmane. »
Rattachement à l’Assistance publique et changement du nom
En 1963, à la séance du Conseil d’administration de l’Assistance publique du 17 octobre, le constat est fait d’une sous-occupation de l’hôpital Franco-Musulman. Un des membres du CA, M. Gardin, veut modifier le nom de l’hôpital. Il réclame « une meilleure répartition dans d’autres établissements des malades musulmans pour éviter cette ségrégation en soi déjà fort regrettable ». Mais le directeur de l’époque, Pierre Damelon, n’est pas de cet avis.
Photos

Porte de l’hôpital Ibn’ Sina (Avicenne) à Bobigny

Porte de l’hôpital Ibn’ Sina (Avicenne) à Bobigny

Porte de l’hôpital Ibn’ Sina (Avicenne) à Bobigny

Porte de l’hôpital Ibn’ Sina (Avicenne) à Bobigny

Porte de l’hôpital Ibn’ Sina (Avicenne) à Bobigny

Porte de l’hôpital Ibn’ Sina (Avicenne) à Bobigny
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L’hôpital Franco-Musulman de Bobigny : l’assistance médicale au service de la colonisation et de la ségrégation raciale
Je suis en 3ème année à l’école d’infirmière et mon sujet de mémoire porte sur la prise en charge d’un patient musulman. Est-il possible de rencontrer une infirmiere afin de m’éclairer sur le sujet ?
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L’hôpital Franco-Musulman de Bobigny : l’assistance médicale au service de la colonisation et de la ségrégation raciale
salem alaikom je veux réagir a se sujet c’est scandaleux de voir qu’au jour d’oujourd’hui les gens soit encore raciste ou prennent des humains pour autre choses vraiment cela me choque j’éspére qu’avec l’aide de Dieu cela va changer pour les années a venir et que le monde un jour connaitera la paix car vraimment les musulamans de france sont dans une situation critque et qui est cammouflé par le terrorisme et autres ... ce sont des épreuves de la vie il faut patienter et être fort car la roue tourne si elle ne tourne pas ici-bas el tournera dans l’au-dela et Dieu Seul sait ! bonne contiuniation !
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L’hôpital Franco-Musulman de Bobigny : l’assistance médicale au service de la colonisation et de la ségrégation raciale
Bonjour Camille,
je peux te mettre en relation une infirmière musulmane qui pourra t’éclairer sur les questions que tu te poses écris moi sur cette adresse : contact@assoziara.com www.assoziara.com
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L’hôpital Franco-Musulman de Bobigny : l’assistance médicale au service de la colonisation et de la ségrégation raciale
asalam ohalaikoum orahmatolah ou barakatou je suis une jeune aide soignant diplomee de decembre 2006 et je souhaiterai vous proposer ma candidature pour travailler au sein de cette hopital tout les services seront les bienvenus mais je souhaite vous montrez toutes ma motivation a travailler aupres d une de vos equipes mais sans oubliee que je souhaite egalement travailler avec mon voile . merci de votre comprehension vous pouvez me joindre directement sur ma boite mail au : www.lak1ry@hotmail.com
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L’hôpital Franco-Musulman de Bobigny : l’assistance médicale au service de la colonisation et de la ségrégation raciale
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L’hôpital Franco-Musulman de Bobigny : l’assistance médicale au service de la colonisation et de la ségrégation raciale





