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Procès en diffamation : Condamnation arbitraire pour Mohamed Smaïn en Algérie
26 février 2002 (Migrants contre le sida)
PARIS, 26 février 2002 (Migrants contre le sida)
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Lire notre dossier : Algérie : conditions de vie et luttes des malades du sida
- Procès en diffamation (durée : 2:05)
Lire aussi :
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Nassera du Collectif des familles des disparus en Algérie nous a transmis cet après-midi le communiqué qui dénonce la condamnation arbitraire sous prétexte de « diffamation » d’un défenseur des droits de l’Homme. Elle nous écrit : « Nous sommes révoltés par le verdict qui vient d’être prononcé contre Mohamed Smain en appel le condamnant à un an de prison ferme. Les tortionnaires jouissent d’une impunité alors que les défenseurs des droits de l’homme se retrouvent harcelés comme Smain en contrôle judiciaire depuis un an, sans papiers, et condamné à une lourde peine. »
De 1994 à 1998, deux maires, El Hadj Fergane, maire de Rélizane surnommé " le shérif " et Hadj Abed, maire de Jdiouia, ont constitué une milice, que la population a surnommée " les cagoulés " a été responsable durant des années de plusieurs dizaines d’enlèvements, suivis de disparitions, d’extorsion de fonds et d’expéditions punitives contre les familles réputées proches des membres du FIS ou des groupes armés. En avril 1998, les deux maires ainsi que plusieurs autres miliciens ont été arrêtés et relâchés trois jours après malgré leur inculpation de crimes graves (enlèvements, assassinats et extorsions de fonds). Leur procès ne s’est toujours pas tenu.
Dimanche 24 février, la Cour d’appel de Rélizane a condamné Mohamed Smaïn, responsable de la section de Relizane de la Ligue algérienne pour la défense des droits de l’Homme (LADDH), à une année de prison ferme, soit une peine 6 fois plus longue que celle prononcée en première instance, et à 210 000 dinars d’amende (3200 euros) - presque cinq fois plus qu’en première instance.
A l’origine de ce procès, se trouve une plainte déposée par Hadj Fergane, l’ex-maire de Rélizane, ainsi que huit autres ex-membres d’une milice dite de légitime défense, après que M. Smaïn ait alerté la presse algérienne, le 3 février 2001, sur la découverte et l’exhumation de charniers par les services de gendarmerie et la milice de Fergane.
Le procès de Mohamed Smaïn est exemplaire du climat d’impunité qui prévaut en Algérie, un pays qui demeure régit par le décret sur l’état d’urgence du 9 février 1992. Alors que, selon les estimations les plus basses, 7200 personnes au moins ont disparu en Algérie ces dix dernières années, les familles de disparus et des défenseurs des droits de l’Homme comme Mohamed Smaïn continuent de demander en vain la vérité et la justice sur le sort de leurs proches.