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Pour que cesse le lynchage du peuple palestinien
17 décembre 2001 (Campagne Civile Internationale pour la Protection du Peuple Palestinien)
PARIS, 17 décembre 2001 (Campagne Civile Internationale pour la Protection du Peuple Palestinien)
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Devant l’imminence des massacres et des expulsions massives annoncées, pour que cesse le lynchage du peuple palestinien :
- l’urgence d’une initiative politique efficace qui dit non !
- la nécessité d’une force internationale de protection du peuple palestinien.
Depuis un mois, chaque jour et chaque nuit, les hélicoptères de combat et les avions F16 israéliens bombardent des bâtiments de l’Autorité palestinienne. Mais pas seulement.
Ils détruisent aussi les fragiles infrastructures qui sont le bien commun du peuple palestinien, éventrent les routes, percent les canalisations d’eau, plongent villes et villages dans l’obscurité, réduisent au silence radios et télévisions, et sèment la terreur au-dessus d’une population réduite à l’impuissance.
Mais pas seulement.
Ils blessent, ils mutilent et ils tuent des civils, des femmes et des enfants qui n’ont pour seul tort que d’être sur le chemin de l’école, dans un marché, ou même dans leur maison proche d’un objectif dit militaire.
Or, devant cette démonstration de force brutale, la communauté internationale est au mieux silencieuse. Au pire, elle encourage l’une des plus puissantes armées du monde à écraser un peuple quasiment sans défense. Les Etats-Unis d’Amérique n’en finissent pas de désigner le président de l’Autorité palestinienne comme responsable de l’agression que lui et son peuple subissent. Et, comme dans une litanie, ils ne cessent d’exiger de Yasser Arafat qu’il affronte le Hamas et le Jihad dont des militants sont impliqués dans des actes terroristes. Mais, dans le même temps ils encouragent le démantèlement de la police palestinienne, et admettent que l’on traite le Président de l’Autorité palestinienne comme un prisonnier retenu à portée de canons des chars de l’Etat hébreu. La stratégie d’Israël est transparente : il s’agit de précipiter la société palestinienne dans la guerre civile, de renforcer en son sein les partisans du terrorisme, pour pouvoir justifier ensuite un écrasement total. Et jusqu’à ce jour, il faut le dire, la communauté internationale est complice.
Officiellement, cette terrible punition collective a une cause : le terrorisme. Officiellement, Israël ne se livre qu’à des représailles. Certes, le terrorisme aveugle qui tue et qui blesse des civils israéliens doit être condamné avec la plus grande fermeté. Mais, nous nous devons ici de dénoncer l’imposture qui consiste à renverser le rapport entre la cause et les effets, et à inverser les rôles entre l’agresseur et l’agressé. Ainsi, à la veille de la venue dans la région de l’émissaire amércain Anthony Zinni, c’est Ariel Sharon qui a appuyé sur le bouton de la terreur en faisant assassiner un dirigeant du Hamas. Comme quelques semaines auparavant, c’est lui qui avait, dans des circonstances analogues, commandité l’assassinat d’un dirigeant du FPLP, entrainant ensuite la réplique de ce mouvement et la mort du ministre d’extrême-droite Zeevi.
Le renversement des rôles, par une propagande pourtant grossière visant à faire passer le colonisé pour l’agresseur et le colon pour la victime, est une vieille histoire dans ce conflit. Sans remonter très loin, il faut au moins se souvenir que cette nouvelle phase dramatique, qui a conduit à l’invasion et à la réoccupation des territoires autonomes palestiniens, a été ouverte par la provocation d’Ariel Sharon venu, le 28 septembre 2001, sur l’Esplanade des Mosquées de Jérusalem, puis par la sanglante répression qui frappa le lendemain des manifestations de protestation pacifique.
Le renversement des rôles, c’est aussi faire passer Yasser Arafat, signataire des accords d’Oslo de 1993, pour hostile à la paix, en feignant d’oublier qu’Ariel Sharon fut lui un ennemi déclaré des accords d’Oslo.
C’est oublier que depuis huit ans, c’est chaque fois Israël qui a différé l’application du calendrier de son retrait des territoires occupés, c’est Israël qui a imposé unilatéralement la renégociations des termes de l’accord initial et, plus grave encore, c’est Israël qui a poursuivi, sans la moindre interruption, un processus de colonisation qui a conduit au doublement du nombre des colons en territoires palestiniens, minant ainsi les bases de la paix, aggravant les conditions de vie de la population palestinienne, et engendrant en son sein un profond scepticisme.
Le renversement des rôles, c’est aussi et surtout oublier que depuis 1967 les gouvernements successifs d’Israël ont tous refusé d’appliquer la résolution 242 des Nations unies qui enjoint à l’Etat hébreu de se retirer de territoires conquis militairement. Depuis 1967, c’est Israël qui refuse de se conformer au droit international.
Il est temps de rappeler la communauté internationale à ses devoirs et à la dignité. Il est temps aussi de mettre un terme à l’exploitation scandaleuse par Ariel Sharon de la situation née des attentats antiaméricains du 11 septembre, et à une propagande qui vise, au nom de la lutte contre le terrorisme, à discréditer la cause d’un peuple colonisé. Il est temps de rappeler que l’histoire de ce conflit n’a pas commencé avec les récents attentats perpétrés par des kamikazes palestiniens. Il est temps aussi de se demander pourquoi cette forme de terrorisme est apparue dans cette région ? A quelle impasse et à quel désespoir cela correspond ? Car, dans une guerre coloniale, la violence première, la violence fondatrice, celle dont toutes l es autres violences sont le produit, c’est la colonisation. C’est ce que doivent reconnaitre tous ceux qui veulent vraiment la paix, et non seulement entretenir la mystification qui permettra en dernière analyse la réalisation du programme de l’extrême-droite israélienne. Un programme de destruction de toute résistance palestinienne, de transfert des populations et d’annexion des territoires.
Nous n’avons rien à dire à M. Sharon qui fait l’objet de poursuites pour crime contre l’humanité pour son rôle dans les massacres des camps de Sabra et Chatila en 1982. Nous n’avons rien à dire à un dirigeant qui devrait être, du seul fait de son passé, au ban des nations démocratiques.
Nous nous adressons en revanche à la communauté internationale, et en premier lieu à l’Union européenne et à la France. Et nous leur demandons d’agir dans l’urgence pour la mise en oeuvre d’une force de protection internationale.
C’est pour pouvoir continuer à nous regarder en face comme communauté humaine que nous devons arrêter le bras d’Ariel Sharon, et refuser à Israël ce que nul ne tolèrerait d’aucun autre Etat dans le monde. Nous demandons que la France et l’Union européenne parlent immédiatement fort et solennellement pour exiger le retrait des troupes israéliennes des territoires autonomes palestiniens. Nous demandons l’application sans délai des résolutions des Nations unies qui prévoient le retrait des troupes d’occupation et des colons installés dans les territoires palestiniens.
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