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Alioune Blondin Diop | Quand débuter un traitement ?
Table ronde : quand débuter un traitement ?
13 février 2001 (Migrants contre le sida)
PARIS, 13 février 2001 (Migrants contre le sida)
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Écouter: Les enjeux du début d’un traitement pour les malades immigrés (MP3, 1.1 Mo) -
Écouter: Auto-organisation des séropositifs africains (MP3, 1.7 Mo) -
Écouter: La découverte de la maladie (MP3, 1.6 Mo) -
Écouter: Les médecins font-ils partie du problème ? (MP3, 1.4 Mo) -
Écouter: Réaction du docteur Alioune Blondin Diop (MP3, 1.5 Mo) -
Écouter: Nouvelles recommendations thérapeutiques (MP3, 2.1 Mo)
Débat avec Noël Ahebla et Alioune Blondin Diop
Si on est immigré ou enfant d’immigré, on est 3 à 4 fois plus souvent que les Français de souche sans mutuelle. On est 10 fois plus souvent sans aucune couverture sociale. Même les anciens de plus de 60 ans, qui ont travaillé tout leur vie en France, se retrouvent très souvent sans aucune couverture sociale (10%). La plupart des séropositifs vivent avec moins de 4000 francs par mois. Bref, pour beaucoup de gens, il faut se retrouver avec quelque chose qui saigne, qui brûle, avant d’aller voir le médecin. L’accès à l’hôpital, c’est quand on se retrouve aux urgences. L’hôpital est inhumain, déshumanisant. Sont à l’ordre du jour : soupçon, flicage et délation dans les hôpitaux, du guichet d’accueil à celui de la sécurité sociale. La première question, c’est « vos papiers ».
Pourtant, toute personne qui vit en France, avec ou sans papiers, a le droit de se soigner, d’aller à l’hôpital, de retirer des médicaments quelque soit leur prix, sans avoir à sortir de l’argent. C’est la couverture maladie (CMU, sécu, complémentaire, aide médicale...), la sécurité sociale qui doit obligatoire payer, pour tout le monde. Il n’y a aucune exception, et on ne peut refuser des soins sous prétexte que tous les papiers ne sont pas réunis. Toute personne doit être immédiatement admise à l’hôpital et doit avoir ses droits ouverts immédiatement.
La plupart des hommes issus de l’immigration découvrent qu’ils sont séropositifs quand ils tombent malades et pas avant. Souvent, pour les femmes, c’est au moment du dépistage proposé pendant la grossesse. Il faut encaisser le choc.
De quoi va dépendre la vie d’un séropositif, une fois qu’il ou elle a appris son état de santé ? Comment vont réagir la famille, les proches ici et au pays ? Où trouver l’information sur la maladie qui parle des problèmes de la vie quotidienne en banlieue ? Comment faire pour se soigner quand on vit en banlieue et la plupart des associations, des structures qui ont des choses à proposer, sont à Paris ? Voilà bien quelques unes des questions qui comptent.
Pour Migrants contre le sida, toute personne séropositifs, Française ou Immigrée, a droit à la meilleure information possible sur la maladie, sur les soins. Force est de constater que les malades immigrés sont aujourd’hui interdits d’accès aux informations sur le médical, de deux façon. D’abord par les médecins : au quotidien les malades issus de l’immigration subissent le mépris et les présomptions (quand ce n’est pas simplement de l’ignorance) de la part des médecins quand à leurs conditions de vie et leur situation sociale. Implicitement, c’est leur capacité de décider pour eux-mêmes des traitements et de tous les aspects du suivi médical qui est ainsi mis en cause, au mépris de leurs droits et de leur intelligence. Deuxièmement par les associations classiques de lutte contre le sida qui travaillent sur les traitement : elles ne font rien pour répondre aux besoins des séropositifs les plus exposés sur le front du sida, car elles considères que les « droits sociaux » n’ont rien à voir avec le « médical »...
L’ambition de la rubrique médicale de Migrants contre le sida est de soutenir ceux et celles qui sont dans l’obligation de trouver des réponses à toutes ces questions. Non pas pour se substituer aux médecins, ni pour imposer tel ou tel choix, mais pour fournir des éléments qui peuvent être utiles aux premiers concernés qui doivent décider quand et comment se soigner. Voila pourquoi aujourd’hui nous accueillons Noël Sahembla et Alioune Blondin Diop, pour débattre de la place des traitements dans la vie des séropositifs issus de l’immigration aujourd’hui...