Accueil du site > Revue de presse > Revue de presse (1995-2002) > 2001 > 02 >
Accès aux médicaments | Burkina Faso | Côte d’Ivoire
Accès aux médicaments génériques dans nos pays d’origine
6 février 2001 (Migrants contre le sida)
PARIS, 6 février 2001 (Migrants contre le sida)
Réagir à cet article | Recommander cet article | Votez pour cet article
Migrants contre le sida a demandé à Santé Sans Frontières et aux associations africaines de malades en lutte pour survivre au sida, de repondre aux questions suivantes sur la disponibilité des médicaments génériques dans nos pays d’origine :
On entend dire qu’il y a aujourd’hui des médicaments génériques disponibles dans nos pays. Toutefois, nous ne faisons pas confiance à ces médicaments. Comment peut-on savoir qu’ils sont au moins aussi bon que les médicaments produits par les laboratoires des pays riches ? Comment vérifier leur provenance et, surtout, leur qualité ? N’y a-t-il pas des médicaments de mauvaise fabrication ou carrément d’autres produits que des antirétroviraux ? Quelle est la disponibilité réelle des antirétroviraux ou des autres médicaments essentiels sous forme de générique ? Toute information, tout document, ou contact avec quelqu’un qui travaille directement sur l’accès aux génériques ou à leur évaluation en terme de qualité, etc. serait très utile.
Point de vue de Pierre Legendarme (Santé Sans Frontières) : « Il est difficile de trouver dans le détail une réponse valable pour tous les pays, tant les situations sont différentes mais le point commun serait de poursuivre notre combat pour l’accès pour tous aux antirétroviraux et aux médicaments contre les maladies opportunistes. Nous devons exiger l’évaluation et des comptes qui soient rendus sur les programmes internationaux. Enfin nous devons exiger les mêmes critères de qualité de soins en matière de dispositifs d’accueil, d’accompagnement, de critères d’observance... Il convient aussi de souligner les effets pervers de la misère et l’exclusion entretenue par le Nord : la profusion tant en Afrique qu’en Asie de tous les trafics par la prolifération des contrefaçons de médicaments trouvés sur tous les marchés et trottoirs, ce qui peut aussi expliquer les doutes à propos de la fiabilité des génériques non marqués du label de l’original, outre l’exigence fondée sur la transparence sur leur provenance et leur efficacité... »
Burkina Faso : « Au Burkina Faso, les antirétroviraux sont commandés et vendus par la CAMEG, la Centrale d’achat des médicaments sous forme générique. C’est cette centrale et les services techniques du Ministère de la Santé qui contrôlent la qualité des médicaments vendus. Nous pensons que les antirétroviraux vendus au Burkina Faso sont efficaces. Les antirétroviraux sont disponibles mais inaccessibles par rapport au coût pour le plus grand nombre de malades. Pour le moment, il n’y a pas d’organisme qui rembourse ces médicaments. Les malades ou leurs familles s’engagent selon leurs moyens. » (Cécile Beloum, association AMMIE)
Côte d’Ivoire : « La liste des associations déposées à l’ONUSIDA est de plus de 1 000 personnes dont certaines sont la liste d’attente, le temps que quelqu’un meurt pour qu’on puisse lui donner la place. D’autres, par manque de moyens pour s’acheter leurs médicaments, meurent... Les associations bénéficient d’une subvention de l’état (75 %) et le Fonds de solidarité thérapeutique paye 25 %. Le patient lui paye 5 %. Donc le patient doit payer 10 000 F CFA par mois pour son traitement par tri thérapie, sans compter les soins pour les maladies opportunistes... Pour les prescriptions des antirétroviraux, les médecins ont commencé à prescrire des génériques qui proviennent du Brésil. Le problème qui se pose, c’est le Rétrovir 100 mg que nous n’avons pas. Alors qu’il y a des patients, à cause de leurs poids très faibles, qui doivent obligatoirement prendre ce dosage. Puisqu’il n’est pas disponible, on lui prescrit le sirop. Que s’est-il passé ? La directrice de la Pharmacie de Santé publique n’avait pas fait la commande. Pourtant, à la réunion que nous avons eue après notre Marche, j’ai attiré son attention sur ce problème qui jusque-là n’est pas encore réglé. Il y aussi le Combivir, deux médicaments associés, qui facilitaient la prise. Aujourd’hui on ne trouve plus ce médicament et j’ignore les raisons. Je vous apprends aussi que quelques pays de la sous-région viennent en Côte d’Ivoire pour leur traitement antirétroviraux... Il faut que le gouvernement actuel puisse prendre ce dossier à c[oe]ur pour payer la Pharmacie de santé publique au moment qu’il faut pour ne plus que nous soyons en rupture. Il faut aussi que la directrice commande tous les médicaments et ceux qu’il faut.
Côte d’Ivoire (2) : « En ce qui concerne les génériques, nos responsables nous ont rassurés, qu’ils étaient de bonne qualité, qu’il n’y a aucune inquiétude. Ces génériques nous viennent de l’Espagne... En ce qui concerne les malades ou des proches issus de l’immigration qui vivent en France et qui veulent soutenir notre lutte en Côte d’Ivoire, je leur dirai grand merci pour cet acte de solidarité envers leurs frères et qu’ils continuent à nous aider... »
Côte d’Ivoire (3) : « Toutes les personnes vivant avec le SIDA en traitement sont soumis aux antirétroviraux génériques imposés par le Ministère de la Santé. Aucun exposé n’a été fait sur le contrôle de la qualité. L’ONUSIDA est resté indifférent à notre souffrance. Aucune garantie n’a été prévue pour la continuité... »
Nos remerciements à tous ceux qui ont répondu.