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Pour les malades, l’inégalité, c’est la mort
22 février 2000 (Migrants contre le sida)
PARIS, 22 février 2000 (Migrants contre le sida)
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L’inégalité, quand on est malade, c’est la mort. Et le garant théorique de cette égalité, celui dont les politiques et les pratiques produisent l’inégalité, n’est autre que l’Etat.
- Après 18 ans d’épidémie du sida, il n’y a toujours pas de programme national de prévention en direction des populations issues de l’immigration, encore moins en direction des personnes touchées.
- Le budget consacré par la DGS en "direction des populations précaires et/ou ayant des spécificités culturelles ou religieuses" (le jargon officiel et méprisant pour parler des immigrés) se chiffre à moins de 2 millions de francs.
- Les pouvoirs publics n’ont jamais reconnu le lourd tribut payé par les communautés issues de l’immigration au SIDA.
Dr Suzanne Guglielmi, Chef de la Division Sida, considère qu’il n’y a pas d’urgence de santé publique en ce qui concerne les "migrants", et donc aucune raisons de changer ses priorités budgétaires. Par contre, elle considère que rien ne justifie des programmes spécifiques aux malades immigrés du SIDA, et souhaite élargir le champ d’action à la "santé communautaire" (cf. OMS).
- La CMU légalise l’apartheid médical, les sans-papiers en sont exclus, pour certains c’est une véritable condamnation à mort, pour tous c’est, selon le jargon en usage, un acroissement des difficultés dans l’accès aux soins.
- Les expulsions de malades étrangers (étrangers assassinés) n’ont jamais cessé.
- La carte d’un an obtenu dans le cadre de cette loi pour ceux qui "bénéficient d’un suivi médical" ne donne droit à peu ou pas de droits sociaux, donc impossibilité de vivre dans la dignité.
- Cette même loi, citée comme une grande avancée par les associations classiques, de AIDES à Act Up, est interpretée de manière restrictive par les préfectures. Elle maintient la réserve de "l’ordre publique", c’est-à-dire la Double Peine, laissant pas mal de malades sur le carreau, assigné à résidence, interdit de tous droits sociaux (RMI, AAH, etc)
- La loi maintient la logique d’exception, du cas-par-cas. Chaque malade est obligé de se "prouver", et le plus malade on est le meilleure notre chance d’obtenir la carte d’un an... La conclusion logique, c’est que si on est mourrant on l’obtiendra tout de suite (mais ce n’est pas forcément le cas) !
- Les associations classiques sont affaiblies , elles ont accepté la logique de restructuration, d’austérité imposée par les pouvoirs publics. Elles sont donc peu préoccupées par les droits des malades immigrés...
- Les restructurations hospitalières, la logique "comptable" des soins, la réforme de la sécu, ont tous en toile de fond l’obsession que les "malades étrangers coûtent chers à la France" et les immigrés en sont les premières victimes.