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Couverture maladie universelle (CMU)
CMU : Lettre ouverte aux associations classiques
23 février 1999 (Migrants contre le sida)
Paris, le 23 février 1999 (Migrants contre le sida)
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Aux associations :
Act Up Paris, AIDES, ARCAT SIDA, COMEDE, GISTI, MRAP, Sida Info Service
Migrants contre le Sida ne signera pas le communiqué rédigé par le Comede, le MRAP, et AIDES au nom du Collectif Pour une Couverture Maladie Vraiment Universelle.
Le communiqué est rédigé ainsi : « La création d’une couverture maladie améliorée pour de nombreuses personnes en situation de précarité sociale représentera un progrès pour la santé de l’ensemble des personnes qui vivent en France... » Or, le bras de fer entre assureurs et gouvernement autour de l’avant-projet de CMU, l’annonce d’une révision du « panier de biens et de service, » la politique générale de maîtrise médicalisée des dépenses de santé, etc. rien ne permet une telle affirmation.
Le Collectif CMU mène un travail spécialisé, sur la question spécifique des droits des malades étrangers. L’exclusion totale des sans-papiers de l’assurance maladie est claire. Pour le Collectif au moins, une loi ne saurait constituer une avancée alors que l’exclusion des étrangers est au coeur du projet. C’est le cas de la Couverture Maladie Universelle, qui est l’aboutissement de la logique Pasqua en matière de protection sociale. En « positivant » sur la CMU, le Collectif reprend à son compte le discours gouvernemental qui présente la CMU comme la panacée qui ouvrira « aux personnes en difficulté le système de soins pour tous. »
Une telle prise de position est, au mieux, naïve (elle prétend ne rien savoir de la bagarre politique autour de la protection sociale), et au pire opportuniste (elle vise à ratisser plus large en s’ouvrant aux associations qui soutiennent le projet gouvernemental). En tout cas, elle est injustifiable : en faisant l’éloge du projet gouvernemental de couverture maladie universelle, en acceptant de réduire nos revendications à un simple maintien de la possibilité de se soigner (à mille lieux du droit à la santé !) ces associations commettent une grave erreur.
Pour Migrants contre le sida, le spectacle d’associations apparemment prêtes à tous les compromis, négociant hors du cadre du Collectif plusieurs révisions (à la baisse) du communiqué, est inadmissible car toutes ces compromissions se font sur le dos des malades étrangers. Nous ne l’oublierons pas.
Si Migrants contre le sida a signé la Plateforme, c’est parce que l’ambition initiale était de poser sur la place publique l’urgence d’obtenir une vraie protection sociale pour tous les étrangers, avec ou sans papiers, et de garantir l’égalité devant la maladie. Nous ne cesserons donc de faire pression sur le Collectif CMU en ce sens, car nous ne pouvons accepter de revoir ces revendications à la baisse, que ce soit au nom d’une unité factice à minima ou bien au nom d’un réalisme politique à bien courte vue.
Migrants contre le sida