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Malades du sida au Maghreb : conditions de vie
9 septembre 1999 (Migrants contre le sida)
PARIS, le 9 septembre 1999 (Migrants contre le sida)
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Café-débat à la Fête de l’Huma
Quand : Samedi 11 septembre 1999 à 17h00
Où : Fête de l’Humanité - Stand UTIT (Union des Travailleurs Immigrés Tunisiens)
Avenue de la Normandie - Parc départemental de la Courneuve
Métro Ligne 7 : Station "La Courneuve 8 mai 1945"
Au Maghreb, plus de 200 000 adultes et enfants sont frappés par le virus du SIDA. L’année dernière, c’est 20 000 personnes en plus qui ont été contaminées. Dans quelles conditions vivent ces personnes ? Comment supporter le fait que, sur l’autre rive de la Méditerranée, les bilans sanguins permettent de suivre pas à pas l’évolution de sa maladie, les pharmacies de ville regorgent des médicaments les plus puissants pour contrer l’infection du virus du SIDA... ?
En France, le système de santé est fondé sur l’inégalité et la discrimination, entre Français et Immigré, entre régularisés et sans papiers, bref, entre riches et pauvres. C’est l’apartheid médical. Des malades du SIDA ici, issus de l’immigration - qui connaissent la discrimination au faciès dans les hôpitaux, leurs services de recouvrement, les difficultés pour se faire respecter par son médecin, les longs mois d’attente pour obtenir l’Aide médicale, les refus d’Allocation Adulte Handicapé, etc. - imaginent bien les conditions qu’affrontent les malades qui vivent dans nos pays d’origine, même s’ils n’y ont eux-mêmes jamais vécus. D’autres malades, anciens expulsés ou ayant grandi là-bas, ne peuvent pas oublier ce qu’ils y ont vu.
« La France porte en elle son Tiers-Monde, représenté par les étrangers ou les ressortissants d’origine étrangère qui y vivent » rappelait un militant immigré du SIDA. Pour Migrants contre le sida, il existe un lien direct entre l’urgence des malades dans les pays du Tiers-monde, et celle des immigrés malades, installés dans les pays riches. L’écart s’étend entre malades des pays riches et ceux des pays pauvres, par les mêmes mécanismes qui creusent le gouffre, en France, entre malades issus de l’immigration et les autres.
« Pathologie d’importation »
La santé publique officielle perçoit, elle aussi, ce lien entre les communautés issues de l’immigration installées en France et nos pays d’origine. Mais elle est incapable de le comprendre en terme de solidarité, car obsédés par ses fantasmes racistes qui font de tout immigré un porteur de virus : Dr Anne Laporte, responsable de la première étude officielle sur le SIDA au sein de la population étrangère, osera même parler d’une « pathologie d’importation » (sic), et de nier l’ampleur de l’épidémie en France en accusant des malades-clandestins « venant se faire prendre en charge... en France » de faire gonfler « artificiellement » les chiffres.
Nouveaux missionnaires
Les projets montés par les associations classiques de lutte contre le sida sont fondés sur le mythe que la crise du SIDA au sein de l’immigration est importée directement des pays d’origine. L’immigration n’est là que pour servir de vivier de recrutement des « relais communautaires » ou « médiateurs » dont ces projets ont besoin. Pour devenir « partenaire », il faut minimiser les réalités qu’affrontent les malades du SIDA issus de l’immigration et accepter la mise sous tutelle par ces nouveaux missionnaires du SIDA. Le moteur de l’action des associations issues de la lutte contre le sida, c’est la culpabilité de ceux qui les dirigent, mais aussi leur sentiment que les avancées thérapeutiques, dont ils sont les premiers bénéficiaires, leur permettent aujourd’hui de se tourner vers le reste du monde. Ce n’est, en fait, qu’une variante de la mission civilisatrice : « Il faut les aider ». Comment croire au Fonds de Solidarité Therapeutique (FSTI) - ce projet si consensuel qu’il réunit les associations classiques et le gouvernement, afin d’« aider » les malades des pays pauvres - alors qu’on refuse de prendre en charge ces mêmes malades lorsqu’ils se trouvent sur le territoire français ?
Satisfait ou remboursé
Les débats du Nord sur l’accès aux traitements ont, jusqu’à présent, peu ou pas d’impact réel sur la vie quotidienne des malades du Tiers-monde. Revenons donc aux médicaments et comment les obtenir.
L’industrie pharmaceutique pèse 2 400 milliards de francs. En Afrique comme ailleurs, le prix d’un médicament est négocié par l’industrie pharmaceutique. Ce n’est donc pas qu’un médicament coûte « cher », c’est qu’on lui a fixé un prix exorbitant. Les prix se négocient. Par exemple, un mois d’AZT aux Etats-Unis coûte 1 500 FF, alors qu’en Inde un malade payera 300 FF. (Bien sûr, l’AZT est vendu au rabais car dans les pays riches plus personne n’en veut).
Les médicaments circulent déjà dans le monde entier, pour ceux qui en ont les moyens. Les groupes pharmaceutiques ont ouvert des officines dans la plupart des grandes métropoles du Tiers-monde : Glaxo Wellcome (fabricant de l’AZT), par exemple, a son bureau à Casablanca, 28, Boulevard d’Al Massira Al Khadra.
Pour la grande majorité des malades, la seule chance de les obtenir c’est une protection sociale qui garantit la prise en charge médicale par l’Etat. À Costa Rica, dès 1997, des malades du SIDA ont gagné un recours devant la Cour suprême, et obtenu le remboursement par la sécurité sociale de la trithérapie. Jusque-là, les experts annonçaient que rembourser ces médicaments briserait le système d’assurance maladie du pays. L’exemple du Costa Rica a fait école : en mai, la sécurité sociale de Panama, sous pression des associations de malades, décidait du remboursement de la trithérapie pour non seulement 500 assurés sociaux, mais également un millier de personnes sans assurance maladie.
Récupération
Au Maghreb, les médicaments circulent, en petites quantités, grâce à de fragiles réseaux informels de solidarité Nord-Sud. Des amis ou des proches - le plus souvent issus de l’immigration - se débrouillent, mois après mois, parfois pendant des années, pour rassembler et livrer les médicaments à des malades du SIDA. Malgré le fait qu’il s’agit d’actes individuels (les gens ne se connaissent pas entre eux), et malgré les contradictions inhérentes (ce n’est pas une solution collective), c’est une pratique de solidarité qui compte pour des malades du Tiers monde.
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Malades du sida au Maghreb : conditions de vie
moi j’aimerai savoir pourquoi le taux de contamination du sida croît plus vite de jour en jour ? Les methodes de préventions ne sont-elles pas efficaces ?
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Malades du sida au Maghreb : conditions de vie
Avez-vous des informatons ou des données sur les impacts de la prise sur les conditions de vie des malades du sida et leus familles ?
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Observance et conditions de vie : un article à lire
Sur cette question, il y a peu d’études, en particulier en ce qui concerne les séropositifs du Maghreb. Néanmoins, vous pouvez lire sur notre site l’article Aide à l’observance dans un pays à ressources limitées : l’expérience marocaine
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