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Accès aux médicaments
SIDA : un monde coupé en deux
1er décembre 1999 (Migrants contre le sida)
PARIS, le 1er décembre 1999 (Migrants contre le sida)
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Accès aux traitements : comment, ici et là-bas, le nord fait crever les malades du tiers-monde.
1. En fermant sa pharmacie de solidarité, l’association AIDES a condamné 60 malades du Tiers-monde à une mort certaine.
AIDES maintient toujours un silence mêlé de honte autour de la fermeture, au printemps dernier, de sa pharmacie de la solidarité, dont dépendaient 60 malades du Tiers-monde. Des proches de ces malades passaient, tous les mois, récupérer les médicaments pour une trithérapie. Seuls ces envois de médicaments permettaient à ces malades de survivre. Après deux mois d’enquête, Migrants contre le sida a interpellé M. Christian SAOUT, président d’AIDES Fédération, le 18 mai 1999. M. SAOUT n’a jamais répondu. Migrants contre le sida demande à AIDES de garantir la prise en charge de ces soixante malades qui n’ont aucune autre façon d’obtenir les médicaments et les soins nécessaires à leur survie.
2. Les nouveaux missionaires du Nord n’accepteraient jamais les termes du débat sur l’accès aux traitements si leurs propres vies étaient en jeu.
Pour ces nouveaux missionnaires de l’accès aux traitements, le moteur de leur action, c’est le sentiment que les avancées thérapeutiques leur permettent aujourd’hui de se tourner vers le reste du monde. Ce n’est, en fait, qu’une variante de la mission civilisatrice : « Il faut les aider ». Ainsi, des malades en colère se recyclent en technocrates gestionnaires du développement. Alors que pour nous, malades ou proches de malades issus de l’immigration en France, les malades du Tiers Monde sont nos s[oe]urs, nos frères. Nous refusons les termes du débat sur l’accès aux traitements qui reposent sur le discours de l’aide au développement. Aujourd’hui, récupérer des médicaments est la seule pratique de solidarité qui - malgré ses multiples contradictions - met des boîtes de médicaments entre les mains des malades du Tiers-monde.
3. Presque trois ans après son expulsion, Ali B. est toujours sans papiers et interdit de droits sociaux.
Le 7 février 1997, Ali B., malade du sida suivant une trithérapie, était expulsé publiquement vers la Tunisie. Après deux mois de mobilisation, il avait obtenu son retour en France. Bientôt trois ans plus tard, Ali B. est toujours sans papiers et interdit de tous droits sociaux, comme la plupart des malades étrangers sans papiers. Pendant ce temps, la France continue d’expulser des malades atteints de pathologies graves. Cette situation est inacceptable. Migrants contre le sida exige l’arrêt de toutes les expulsions, l’abolition de la Double Peine, et la régularisation d’Ali B. et de tous les sans papiers par la carte de dix ans.
4. En France, le gouffre se creuse entre les malades.
Le rapport Delfraissy (1999) constate « l’arrivée récente dans les services de patients [d’origine immigrée] vus pour la première fois souvent au stade SIDA non traité... ». En deux ans, selon l’Institut de veille sanitaire (InVS), la proportion des malades étrangers parmi l’ensemble des cas de SIDA est passée de 14 % (1 sur 8) à 20 % (1 sur 5). Les inégalités se creusent, car le système de santé est fondé sur la discrimination entre Français et Immigrés, entre régularisés et sans papiers, bref, entre riches et pauvres. C’est l’apartheid médical. Pour Migrants contre le sida, il existe un lien direct entre l’urgence des malades dans les pays du Tiers-monde, et celle des immigrés malades, installés dans les pays riches. L’écart s’étend entre malades des pays riches et ceux des pays pauvres, par les mêmes mécanismes qui creusent le gouffre, en France, entre malades issus de l’immigration et les autres. Comment croire aux débats du Nord en faveur de l’accès aux traitements alors qu’on refuse de prendre en charge des malades du Tiers-monde lorsqu’ils se trouvent sur le territoire français ?
Communiqué inter-associatif signé par : Migrants contre le sida, la Fédération des Tunisiens pour une Citoyenneté des Deux Rives (FTCR), et l’Union des Travailleurs Immigrés Tunisiens (UTIT)
Contact presse : Nabil Azouz 01 49 88 16 34 ou Raja Kousri 01 49 88 16 57.
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SIDA : un monde coupé en deux
Quelle peut être notre contribution à la campagne de lutte contre le Sida et autres maladies sexuellement transmissible ?
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> SIDA : un monde coupé en deux
La question n’est pas de participer à des campagnes bidons mais de faire avancer plus vite la recherche, de donner les médocs, d’autoriser surtout le Tiers-Monde à prendre en charge sa propre fabrication des medocs en supprimant les brevets, et avec les moyens financiers qui vont avec tout ça. Chez nous commencer par le b-a-ba : donner les médocs au étrangers qui vivent sur notre sol. Plus que jamais on voit ici, dans l’affaire décrite, la duplicité des associations officielles du "Nord".
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