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Tribune libre
La chronique de Youssef : médecine en crise
6 septembre 2003 (survivreausida.net)
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Depuis l’arrivée des nouveaux médicaments anti-VIH en 1996, la vie des personnes infectées par le VIH a changé et ce, à cause des changements de stratégies thérapeutiques.
La séropositivité évoque une série de hauts et de bas, des changements dans la vie de la personne. Elle reste toujours une épreuve difficile à supporter. C’est une histoire continue dans le temps et les traitements sont une succession de moments, à la fois identiques et différents dans sa vie. Avant cette date, l’expression « survivre au sida » comportait deux termes contradictoires : « SIDA » et « survie ».
Cette victoire thérapeutique a donné lieu, d’une part, à des nouveaux besoins dans la vie des personnes atteintes. D’autre part, les trithérapies ont fait preuve de leurs efficacités, mais elles restent toujours des médicaments difficiles à supporter pour un bon nombre de personnes, contraignantes, imposant un mode et un rythme de vie bien précis. On ne dispose pas de données sur leurs effets indésirables au long cours sur notre organisme…
Le plus grave, c’est que le VIH peut devenir résistant à un ou à plusieurs de ces médicaments (résistances croisées) à ce jour, rien à proposer aux personnes en échappement thérapeutique. La séropositivité oblige la personne à accueillir de nouvelles compétences, de connaissances, des capacités d’apprentissage, d’avoir les moyens pour répondre à ses besoins, d’avoir des projets dans la vie et de savoir gérer plusieurs situations qu’elle peut rencontrer durant sa vie quotidienne. Le suivi et la prise en charge des personnes infectées par le VIH obligent les soignants à jouer un autre rôle, autre que médical : il s’agit de prendre en charge aussi les aspects psychosociaux. Or, les médecins ne sont pas formés à ce genre de travail, d’où la médecine est en tout moment en crise. C’est pourquoi des programmes d’accompagnement et de soutien aux personnes sous traitement sont vitaux et leur mise en place s’impose.
Youssef